vendredi 5 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (9)


Enfin, mon champs visuel s'élargissait... mais y'avait pas que lui.. moi aussi !

Les choses entre Xavier et moi devenaient plus intenses.

A cette époque, il était tout pour moi... une sorte de mentor. Je découvrais le monde à travers ses yeux, et il était bien différent de celui qu'on m'avait laissé voir jusqu'alors.

Je vivais dans un monde étriqué, tout petit, et cette impression d'entrevoir de vastes espaces à découvrir me facinait. C'était grisant.

Comment avais-je pu passer à côté de tout cela si longtemps. Un peu comme si je vivais en marge de la vraie vie.

Pourtant je n'avais jamais eu l'impression de vivre à l'étroit. Mon petit monde s'autosuffisait.

J'étais rebelle, mais je ne le savais pas encore, ou du moins pas dans le passage à l'acte.

Lui, c'était tout le contraire, il était dans le passage à l'acte quasi systématique.

J'étais coincée dans ma posture de petite fille bien élevée, lui se tenait mal, faisait du bruit, n'était pas toujours très clean, mais il me tenait toujours la porte... des restes d'une bonne vieille éducation bourge sans doute ! lol

Mais en même temps que je découvrais ces grandes étendues, j'en percevais déjà les injustices, les limites.

Ainsi, il y a vait des gens en prison, ainsi il y avait des gens assez en colère pour pouvoir désirer mourrir pour des idées, ainsi il y avait des gens pour qui fêter son anniversaire en famille n'était pas l'évènement de la semaine, voire du mois... et même des gens, qui, le jour de l'anniversaire d'un de leurs parents, étaient absents, car il fallait manifester pour porter hautes ses idées !

Hallucinant !!!

Doucement, j'ai commencé à m'intéresser à la politique, à la culture générale, aux choses alternatives, à la militance.

Bon, il faut bien dire que ce qu'il disait, à l'époque, était parole d'évangile... Il m'aurait demandé d'aller poser un bombe quelque part, je l'aurais immédiatement fait !

Ce mec était carrément fascinant...

Puis, mes 20 ans arrivèrent. On préparait acivement le truc chez moi.

Comme d'hab, il y aurait mes parents et mon frère, et ma tante, mon oncle, mes cousins, et ma grand mère !

Pour l'occasion, on m'offrirait un joli bijoux en or... et moi, de mon côté, je me souviens, j'avais voulu faire des boites avec des dragées dedans !!!

Des jolies boites d'une drôle de forme (que j'avais achetées avec Xavier), roses...

L'annniversaire arriva, et avec lui... je ne sais pourquoi... la première envie d'adulte d'en finir !

D'adulte, oui, car en fait, enfant, j'avais souvent eu envie non pas de mourir, mais d'arrêter de souffrir.

Mais j'étais une môme, et à cet age là, on ne sait pas très bien comment s'y prendre.

Là, ce n'était pas pareil... J'avais 20 ans.

J'avais, depuis quelques jours, commencé à écrire une sorte de livre sur mes 20 premières années.

C'était pas super joyeux !

Puis, lentement, ce livre était devenu une sorte de longue lettre à Xavier...

Je lui racontais tout, mes désirs, mes désespoirs, ma vie...

Et surtout, mon envie d'aller plus loin avec lui, de vivre ensemble.

Mais lui était si loin de cela.

Encore à la fac, pas prêt à se lancer dans une relation sérieuse, pas de boulot, et une vie perso un peu compliquée avec une mère très malade...

Alors, continuer à se voir, oui, bien entendu, mais aller plus loin... c'était autre chose.

Mais alors pourquoi m'avait-il montrer tout cela, si ce n'était pas pour m'enlever de cette petite vie toute petite vie qui était la mienne.

Maintenant, à cause de lui, j'avais pris conscience de la médiocrité de ce que je vivais ! A cause de lui !!!

Alors, ce soir là, après avoir écrit sur mon cahier, j'ai piqué des comprimés dans la pharmacie, et j'ai commencé à les avaler...

Je pleurais...

1 commentaire:

contesselyne a dit…

J'ai hâte de lire la suite... Tu as une très belle plume Cath.

Big bisoux !

Lyne de Montréal