lundi 5 novembre 2007

GROSSIR D'AMOUR (27)

Le passage à la maternité, c’est un drôle de truc !

Cela fait, en général, des mois, des années, que l’on veut avoir un bébé, neuf mois qu’on l’attend avec impatience, qu’on est là, à lire tout ce qu’on peut lire sur le sujet… Comment il se développe, là, à l’intérieur de notre ventre, ce qu’il perçoit ou pas… Neuf mois qu’on l’imagine, qu’on prépare son arrivée…

Cela fait des semaines, que l’on a préparé le sac, acheté un lit, de petits vêtements, une poussette, des biberons, et tout le tintouin, bref, cela fait des mois qu’on ne pense qu’à ça !!!

Plus grand chose d’autre n’a véritablement d’importance, on regarde toute sa vie, on projette toute sa vie, en fonction de ce grand chambardement…

On est super amoureux du papa, on l’imagine déjà promenant fièrement notre bébé, lui donnant à manger, lui changeant ses couches, l’emmenant à son premier match de foot, ou la protégeant du méchant garçon, qui, un jour, viendra l’enlever…Tout est déjà écrit, codifié, et l’on s’imagine parfaitement inscrivant nos vies dans celles de ces personnages dont on nous rabache les oreilles depuis tant d’années… Depuis notre enfance… À force de contes de fées, et autres films débiles que nous, les filles, en particulier, nous adorons !

Et puis, un jour, ce bébé arrive pour de vrai !

On n’aurait qu’une envie, à ce moment-là, c’est d’être un peu seuls, à la maison, de se retrouver après tant d’émotion et d’attente, et c’est tout le contraire qui se produit…

On se retrouve coincés dans une clinique, avec la visite de tas de gens qu’on adore, mais qu’on n’a pas forcément envie de voir, là, tout de suite, dans un truc médicalisé et un peu impersonnel. On est là, coincés dans un lit à une place, sans place, justement, pour le papa, loin du petit nid douillet qu’on a préparé avec tant de soins !

Alors, quand la première nuit arrive, on se sent bien seule…

On est épuisée, fragile, vide de ce petit être qui vient d’arriver, et qui a déserté notre ventre…

A ce moment-là, je n’ai qu’une envie, qu’il me prenne dans ses bras, qu’on soit loin de cet endroit, et qu’on se retrouve, nous trois, pour vivre enfin le bonheur auquel nous avons droit !

A partir de ce moment-là, logiquement, la boucle de notre souffrance est bouclée, nous sommes à notre tour parents !

Finis les tourments de notre enfance, fini les manques, on doit maintenant être complets, et plus morcelés comme nous l’étions depuis toujours… Mais comment faire quand, au cœur de la nuit, on est seule, à la maternité, et que lui est si loin de vous ?!

Alors, on téléphone, durant des heures… Mais la voix ne remplace pas des bras… Et finalement, au bout de plusieurs heures, on tombe tellement de fatigue, qu’on finit par s’endormir… Mais pas heureuse, pas comblée !

Je ne comprenais pas très bien ce qui se passait, ce qui m’arrivait !

J’aurais dû être heureuse… Être maman, cela faisait des mois que je l’attendais plus que tout…

Mais désirais-je être maman, ou fonder ma propre famille pour moins souffrir ?

3 commentaires:

Stephanie a dit…

Ben alors et la suite???
Ca fait 10 jours que je viens en espérant la trouver et rien... Tu as jeté l'éponge? Trop perso comme démarche?

Anonyme a dit…

Et ensuite ?! plus rien ? C'est dommage...j'ai 24 ans, toute jeune maman depuis huit mois et au même poids que toi à cet age. Mais je me bat pour faire descendre ce fichu chiffre...et j'y arrive, mais pas simple...je me retrouve dans beaucoup de passage de ton recit...je suis dedans...et frustree de ne pas en connaitre la suite. Comme les pages de fin déchirées d'un livre. Bon, alors je repasserais. Mais nous sommmes en 2012 et tu as ecrit ca en 2007...pas de reponse au commentaire précédent. Je ne rêve donc pas trop...

Anonyme a dit…

Et ensuite ?! plus rien ? C'est dommage...j'ai 24 ans, toute jeune maman depuis huit mois et au même poids que toi à cet age. Mais je me bat pour faire descendre ce fichu chiffre...et j'y arrive, mais pas simple...je me retrouve dans beaucoup de passage de ton recit...je suis dedans...et frustree de ne pas en connaitre la suite. Comme les pages de fin déchirées d'un livre. Bon, alors je repasserais. Mais nous sommmes en 2012 et tu as ecrit ca en 2007...pas de reponse au commentaire précédent. Je ne rêve donc pas trop...