jeudi 18 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (20)


Pourtant des coups, il commençait à y en avoir régulièrement.
Tout avait commencé avec la fois ou un de ses copains était venu à la maison.

Ils avaient picolé ensemble, et avaient un peu fini par se disputer.

Je les avais donc séparés, et j’avais emmené Franck dans le couloir pour le calmer.

Alors que je lui parlais, j’avais pris un violent coup de tête dans le nez !

J’avais été comme assommée.

Ce geste m’avait laissée pantelante, comme saoule à mon tour.

Je ne comprenais pas ce qui venait de se passer.

On en avait parlé les jours suivants, mais j’avais pardonné.

Une autre fois, un autre de ses amis était venu à la maison dîner.

Ils avaient picolé (comme d’habitude !), et jouaient aux cartes.

C’était un très ancien ami de Franck, et il avait une réelle mauvaise influence sur lui.

C’était son partenaire pour jouer à la pétanque, et c’était, lui, un alcoolique gravement malade. Il buvait tous les jours, dès le matin.

Il entraînait Franck, qui n’avait pas besoin de cela, chaque week-end.

Ce soir-là, donc, alors qu’ils avaient déjà beaucoup bu, et que le ton montait, Franck s’était levé pour aller chercher une autre bouteille.

Discrètement, je lui avais dit que ce serait peut-être mieux d’arrêter.

Sans que je ne comprenne pourquoi, alors que j’étais enceinte, il s’est mis à me taper dessus, me faisant tomber, et me donnant des coups de pieds alors que j’étais au sol !

Souvenirs… Souvenirs… Ma vie ne serait-elle donc faite que de cela ? De violences ?

Je m’étais réfugiée dans la chambre, en pleurant… Et j’ai encore pardonné… Comme j’ai pardonné à chaque fois !

Mon ennemi, dans cette situation, ce n’était pas Franck, mais l’alcool !

Comment pouvais-je lui en vouloir. Quand il n’avait pas bu, c’était un garçon adorable.

Et puis, ce n’était pas de sa faute s’il buvait.

Dans sa famille, tout le monde picolait plus ou moins. Durant les réveillons, tout le monde était plus ou moins bourré, et un repas sans alcool, c’était pas un vrai repas. Si on allait chez eux, on ne pouvait pas, comme ils le disaient, repartir sur une jambe, il fallait donc prendre au moins deux apéritifs !!! C’était un alcoolisme bien franchouillard, commun, banal.

Et puis, il y avait toujours cette grande tristesse dans ses beaux yeux bleus.

Je me souviens comme si c’était hier, de ce jour ou il était malade.

Il avait beaucoup de température, je lui avais donc préparé ses médicaments. Il était couché sur le canapé du salon, il avait froid, je suis allée chercher une couverture.

En souriant, je l’avais « bordé », et fait un bisou. Il m’avait pris la main, et m’avait dit que personne ne lui avait jamais fait cela.

J’ai encore la chair de poule. J’entends encore ses mots résonner. De ses parents, il avait reçu beaucoup de baffes, mais visiblement peu d’affection !

Comment lui en vouloir, il avait été si malheureux !!!

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