mardi 16 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (19)


J’avais repris des relations avec ma mère, c’était moins tendu.

Mais quand elle a su que j’étais au chômage, elle n’a pas beaucoup apprécié, j’ai eu droit à une scène !

Franck, lui, travaillait toujours dans sa station-service.

Il commençait en fin de journée, et finissait à minuit.

D’ailleurs cela avait joué un rôle non négligeable, dans le fait que je laisse tomber mon boulot.

J’étais fatiguée par les premiers mois de grossesse, mais ce n’était pas tout !

Il n’avait plus de permis de conduite, car il se l’était fait sucrer pour conduite en état d’ivresse, bien avant que l’on s’installe ensemble.

Il devait donc prendre les transports en commun pour aller bosser.

Son boulot était assez loin de la maison. Pour y aller en fin de journée, c’était compliqué, mais c’était possible, mais le soir, pour rentrer, à minuit, impossible de prendre les transports en commun.

Du coup, j’étais obligée d’aller le chercher.

Je partais donc bosser tôt le matin, puis au lieu de rentrer chez nous, je passais la soirée chez Valérie, à Saint Denis.

Valérie, c’était la copine de Xavier à l’époque. On avait fait connaissance durant un réveillon qu’on avait passé à 4, Franck, Xavier, Valérie et moi !

Depuis, nous étions inséparables !

Nous passions toutes nos soirées ensemble, chez elle.

On discutait, de vraies pipelettes !

Il faut dire qu’on avait un sujet tout trouvé : Xavier !

Parfois, Xavier venait nous rejoindre le soir, et on rigolait bien…

Puis, vers 11h30, je repartais, je récupérais Franck, on rentrait à la maison, on mangeait, et j’allais me coucher, jamais avant 2 h du matin.

Du coup, quand il fallait se lever le lendemain, à 7h, c’était compliqué.

Quand on y ajoute les nausées, et la fatigue de la grossesse, pas étonnant qu’on trouve son boulot moins passionnant !

Xavier était d’ailleurs venu chez nous, un soir, avant de savoir que j’attendais un bébé.

Il y avait eu une discussion folle entre Franck et lui.

Xavier lui expliquait qu’il n’avait toujours pas « lâché l’affaire me concernant ». Franck lui avait répondu qu’il n’y pouvait rien si je l’aimais, et que, d’ailleurs, certainement que lui, Xavier, m’aimait plus qu’il ne m’aimait lui, mais que c’était comme cela, que c’était moi qui choisissais ! De vrais mômes.

Mais quand l’heure de repartir était arrivée, Xavier ne sachant pas quelle route reprendre, j’avais pris ma voiture pour le mettre dans la direction de l’autoroute.

Là, nous nous sommes arrêtés quelques instants.

Il m’avait parlé, m’expliquant qu’il ne comprenait pas ce que je faisais avec un mec comme ça, qu’il savait que je l’aimais toujours… J’ai senti que tout vacillait en moi, et si, à ce moment précis, il m’avait proposé de nous installer ensemble, je serais peut-être repartie avec lui.

Mais rien de précis. J’avais un doute, mais je n’ai rien lâché, encore une fois !

Je suis rentrée à la maison !

Je n’avais donc plus de boulot, mais ce n’était pas grave.

Mon chômage était confortable, et, à l’époque, on pouvait en profiter un peu.

Et comme j’étais enceinte, personne ne me prenait trop la tête sur ma recherche d’emploi !!!

Et puis, Franck ne bossait qu’en fin de journée, du coup, on passait la journée ensemble, à buller.

Cela faisait 7 ans que je n’avais fait que bosser. Prendre un peu de temps pour soi, cela faisait du bien.

Le soir, je l’accompagnais à son boulot, et je continuais à aller voir Valérie.

C’était mon seul lien avec l’extérieur.

À part elle, ma tante au téléphone, et mes parents, je ne voyais plus personne.

J’avais rompu avec presque tous mes amis.

Le week-end, on allait à la pétanque !!!

Moi, à la pétanque… Il n’y avait là que des gens de 40 ans minimum, 90 % d’hommes, dont la majorité était alcoolo !

Qu’importe, je ne voyais rien. Je m’occupais de la buvette, des inscriptions. On était ensemble, c’est tout ce que je voyais. Une fois de plus j’étais prête à tout pour qu’on m’aime.

Prête vraiment à tout, même à subir les coups.

Rien ne me faisait partir. Une fois encore, je ne renonçais pas, une fois encore, j’étais incapable de renoncer !

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