lundi 15 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (18)


Alors comme ça, ça y était… C’était vrai, j’attendais bien un bébé… Mieux, je savais quand il allait arriver : le 7 octobre 1991 !

J’ai annoncé la nouvelle à Franck. Il était comme un fou !!!

J’avais un peu peur de le dire autour de moi. Et si cette grossesse n’allait pas à son terme ?

Après tout, c’est fréquent que dans les premiers mois on fasse une fausse-couche.

Et si cela m’arrivait ?

Pourtant, il fallait bien l’annoncer à ma mère, je ne pouvais pas garder cela pour moi.

A cette époque-là, j’avais renoué un peu le dialogue avec elle, mais ce n’était pas non plus génial.

En revanche, depuis ma plus tendre enfance, je parlais toujours avec ma tante (la sœur jumelle de ma mère). On se téléphonait très souvent, et on parlait durant un temps fou !

Je la considérais comme une sorte de deuxième mère. De son côté, elle n’avait pas eu de fille, et je pense qu’elle me considérait comme plus que sa nièce.

Nous avions une grande complicité.

Alors, tout naturellement, j’ai téléphoné à ma tante pour lui annoncer la nouvelle.

Je n’osais pas appeler ma mère. C’est un peu comme si j’avais le sentiment d’être obligée de lui avouer une grosse bêtise. Peut-être la peur qu’elle ne m’aime plus ensuite, je ne sais pas. Mais j’avais peur de lui dire.

Alors, j’ai utilisé ma tante comme intermédiaire.

Elle a donc téléphoné à ma mère pour lui annoncer !

Aujourd’hui cela me semble juste totalement fou comme situation.

Qu’avais-je fait de mal ?

Est-ce tout simplement car pour avoir cet enfant, j’avais dû coucher avec un garçon et que je n’assumais pas de devoir « révéler » cela à ma mère ?

Si je l’aimais tant, cette maman, pourquoi aller chercher ailleurs ? Pourquoi aller avec un garçon, s’installer ensemble, et coucher avec ?

N’était-ce pas un signal clair que je lui envoyais : Je suis devenue grande.

Mais j’avais pas envie de devenir grande vis-à-vis d’elle.

Moi, ce que je voulais, c’était redevenir sa petite fille, et qu’on rattrape le temps perdu, qu’elle finisse enfin par me prendre dans ses bras, qu’elle m’aime !!!

Lui annoncer que j’attendais un bébé n’était-ce pas renoncer au fait d’être le sien, de bébé. Etais-je prête à cela ?!

Toujours est-il que c’est ma tante qui annoncera à ma mère que j’étais enceinte.

Ma mère m’a téléphoné quelques instants plus tard pour me féliciter.

Les neuf mois qui ont suivi étaient comme une longue et douce anesthésie.

Travailler, me concentrer sur le boulot : impossible !

J’avais d’autres priorités !!!

Quand j’ai annoncé à mes associés que j’étais enceinte, alors que je venais de prendre 5 ou 6 jours de vacances sans les prévenir à l’avance, j’ai senti un décalage entre eux et moi !?

Ils hallucinaient, alors que pour moi, tout ce qu’ils me disaient me semblait tellement frivole !

Les mêmes choses pour lesquelles je me serais battue auparavant me semblaient aujourd’hui si peu importantes : un contrat à négocier… pftttt y’en aura d’autres !!!

Assez vite, je me suis rendu compte qu’accueillir ce bébé était la seule chose qui comptait dorénavant à mes yeux, alors on a fait un deal, et je me suis retrouvée au chômage ! J’étais enceinte de 3 mois, et c’était génial !

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