lundi 15 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (17)


Il faut agir, vite ! Prendre rendez-vous chez le gynéco pour vérifier tout ça !

Il y a une superbe clinique qui vient d’ouvrir pas très loin, et il parait que le service de maternité y est génial.

Je prends donc immédiatement rendez-vous.

Après quelques jours d’attente, j’ai mon rendez-vous.

Je suis là, dans la salle d’attente, au milieu de femmes visiblement très enceintes.

La secrétaire me reçoit, on ouvre un dossier.

Je suis mal à l’aise, et un peu gênée. Ainsi quand elle me pose des questions, alors qu’elle est charmante, je me sens obligée de me justifier sur le fait qui oui, j’ai des rapports fréquents, comme si je me sentais trop moche, et que je sois obligée de me justifier, de dire que oui, je suis désirable. Pas sur un mode agressif, mais je me justifie.

La secrétaire est aussi mal à l’aise que moi, car elle sent que je ne vais pas très bien, et elle me rassure.

Je retourne dans le couloir pour attendre mon tour, et là, la gynéco arrive.

Je ne sais pas ce qui m’a pris, mais sans même attendre que nous arrivions dans son bureau, je la salue, et lui dit : je suis enceinte, mais avant tout, il faut faire une échographie, car si ce sont des jumeaux, j’en veux pas !

Là, dans ce couloir qui servait de salle d’attente… La gynéco est un peu abasourdie par la situation. Elle sent une grande panique… Elle me dit qu’on va voir, qu’on va regarder, mais que de toute façon, elle ne pratique pas les avortements.

Avortement… Oui, c’est bien de cela dont je viens de parler… Avorter alors que je n’ai qu’une envie, devenir maman. Mais qu’est-ce qui ma pris de dire ça. Qu’est-ce qui me prend d’être paniquée ainsi.

Ce n’est que longtemps après, bien des années après, que j’ai compris ce qui s’était joué à ce moment là.

J’avais toute ma vie été prisonnière de la gémellité de ma mère et de ma tante. Beaucoup de mes douleurs d’enfances venaient de cela, et l’idée de me retrouver à nouveau au cœur d’un couple de jumeaux provoquait une telle panique chez moi, que j’étais prête à avorter. Une vraie panique, pas une simple peur. Une panique qui vous fait perdre vos repères, vos moyens.

La gynéco a été merveilleuse. Elle m’a rassurée, on a pris le temps de faire les premiers examens, et rapidement, alors que cela ne se faisait jamais, nous sommes allées faire une rapide échographie pour vérifier tout cela.

Je découvrais cet appareil, l’échographe.

Pas facile de faire une échographie quand on a affaire à une grosse dame de 134 kilos. Pourtant la gynécologue est adorable. Elle va essayer de façon standard, puis voyant qu’elle ne voit pas assez, elle m’explique que parfois, on ne voit pas assez bien, et qu’il faut faire une échographie pelvienne, c'est-à-dire en introduisant un petit truc, pas du tout douloureux, dans le vagin afin de voir par l’intérieur. Aucune remarque sur mon poids, rien !

La panique a cédé la place à un bonheur sans borne. Elle tourne l’écran vers moi, et là, je découvre un petit truc : un bébé !

Un bébé, et un seul. C’est à ce moment là que j’ai vraiment pris conscience que j’étais enceinte.

Nous sommes retournée dans le cabinet d’examen, et là, nous avons pu parler, j’étais plus calme. Nous avons parlé de la grossesse, du comment cela se passe.

J’ai parlé de mon poids, pour lui demander si cela ne poserait pas de problème. Elle m’a rassurée, et me disant que s’il y en avait, on gèrerait !

Je suis repartie, épanouie, heureuse, et avec l’envie de hurler à tout le monde que j’attendais un bébé… Mais ça, c’était une autre affaire !

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