mardi 9 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (12)


Voilà, c’était fait, l’irréparable venait d’être commis…

Ce week –end avait vraiment été très étonnant !

Le dimanche, je suis rentrée chez mes parents, dans la journée, épuisée.

Je ne racontais rien à mes parents de ma vie personnelle.

D’ailleurs je ne racontais pas grand-chose, en général. Pourtant, j’étais une grande bavarde, mais impossible d’avoir une discussion sur la vie, en général, la politique, ou autre chose.

On mangeait toujours ensemble le soir, et parfois même on avait de franches crises de rire, mais on vivait un peu repliés sur nous-mêmes.

Je pense que ma mère avait, comme on le dit, la tête dans le sac. Elle travaillait beaucoup et a toujours voulu avoir une maison impeccable, pas un grain de poussière, du papier peint neuf très régulièrement, un linge nickel, bref, elle était un peu esclave. D’autant plus, qu’à cette époque là, mon père ne faisait pas grand-chose à la maison. C’est également elle qui devait gérer toute la paperasse, etc.

Bref, elle bossait toute la semaine à Paris, prenait les transports en commun avec pas mal de changements, rentrait le soir en courrant, faisait à manger, puis le reste de l’intendance, et allait se coucher, pour reprendre le lendemain la même chose.

Arrivait le week-end. Vendredi soir, courses, puis faire à manger, etc. Le samedi matin, le ménage, le samedi après-midi, on voyait ma tante et sa petite famille, souvent à la maison, donc faire à manger pour 8/9 personnes, ranger, etc., le dimanche matin, le marché super tôt, puis ranger, éplucher les légumes, cuisiner, mettre la table dans la salle à manger, manger, ranger, là, prendre une heure pour s’allonger avec mon père, côte à côte, en regardant un peu la télé, tranquille, puis, ménage, repassage, brushing, refaire à manger le soir, et aller se coucher, pour reprendre le lundi matin !

Pas facile d’avoir du temps pour soi, ou à partager !

A l’époque, j’avais l’impression de l’aider, mais quand on est jeune, on est aussi un peu con !!! J’aurais dû en faire plus, mon frère aurait du en faire plus, et mon père aussi !

On ne partageait donc pas trop de moments de confidences.

Côté poids, je continuais mon ascension ! Tranquillement mais sûrement.

Il faut dire que depuis que je travaillais, j’avais tout le loisir de m’acheter ce que je voulais, de fréquenter les pâtisseries, et autres vendeurs de barres chocolatées !

Côté alimentation, rien n’avait changé, je continuais à manger comme les enfants, du poulet et des frites, du pain du beurre du chocolat, de la vache qui rie, et de la grenadine…

Xavier m’a téléphoné à plusieurs reprises la semaine qui a suivi. Il y avait un vrai froid entre-nous. Je n’avais pas dit que j’avais couché avec un autre, mais cet autre occupait toutes mes pensées.

Durant toute la semaine, j’avais cherché à reprendre contact avec Franck.

Il habitait à une dizaine de kilomètres de chez mes parents. Il avait un appartement.

J’ai fini par passer chez lui, le samedi soir.

Il y avait deux ou trois amis chez lui ce soir là.

La première chose qui m’a saisie quand je suis rentrée chez lui, c’était l’état de son appartement.

Presque pas de meubles, une table de jardin en guise de table de salle à manger, un vieux canapé, une veille télévision posée sur des vieux meubles recouverts de plaids pour cacher la misère alors que cela ne faisait que la faire ressortir.

Un nouveau monde pour moi, celui de la » pauvreté. » Finalement, j’avais toujours évolué dans un milieu privilégié, mais je ne m’en étais pas vraiment rendue compte.

Je ne savais pas qu’un appartement puisse être si pauvrement meublé. Cela ne m’a pas gênée, mais étonnée.

Et puis je découvrais aussi ce que pouvait être la vie d’un mec célibataire seul chez lui !!!

On a parlé beaucoup. Il était touchant, et surtout, je sentais qu’il avait tellement besoin de quelqu’un qui l’aime.

Il venait de traverser une épreuve difficile, et était un peu paumé, dépressif avec le recul.

Le lendemain, j’ai vu Xavier, et j’ai senti que quelque chose s’était cassé entre lui et moi. Je ne ressentais plus cette dépendance que j’éprouvais vis-à-vis de lui.

Tout me semblait si compliqué dans notre relation, alors qu’avec Franck tout semblait si simple.

J’ai revu Franck, souvent, et nous avons vécu une relation très fusionnelle au début.

On a passé des jours au lit que l’on ne quittait que pour manger et boire, et encore… J’ai même manqué des jours de boulot ce qui ne m’était jamais arrivé.

Je mettais mon boulot entre parenthèses.

Pourtant j’avais bien grimpé les échelons… J’avais changé de boite à plusieurs reprises, et j’étais maintenant directrice commerciale, je gagnais encore mieux ma vie !

J’avais changé !

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