
Je pleurais car j'étais perdue !
Continuer ou en finir, mais en finir avec quoi ?
Arrêter de souffrir surtout, mais pas mourir... J'ai donc avalé mes cachets, les uns derrières les autres, puis... dans l'instantanéité, je suis allée les vomir.
Non, je ne pouvais pas ainsi rendre les armes. Cette formidable flamme de vie que j'avais au fond de moi, là tout au fond, avait vacillé, mais ne pouvait pas s'éteindre, pas maintenant, pas déjà, pas comme cela.
Épuisée, ne sachant plus ou j'en étais, honteuse de n'être même pas capable d'en finir, je suis allée me coucher, morte... d'épuisement, j'ai fini pas m'endormir.
Tout cela s'est passé dans ma chambre de jeune fille, chez mes parents, mais personne ne l'a jamais su.
La vie a repris ses droits, et ce geste n'y a rien changé, puisqu'il ne s'était rien passé.
J'ai continué à aller travailler, et à vivre la même vie.
Cela a continué durant quelques années, avec quelques changements au niveau de mon travail.
J'ai décidé de quitter ma petite société d'import-export bien tranquille.
J'y gagnais bien ma vie, mis j'avais envie de plus d'aventure.
A cette époque-là, je n'avais qu'une envie, celle de partir m'installer aux Etats-Unis.
j'étais bilingue, et je bossais déjà avec les Etats-unis dans ma boîte. Pourquoi ne pas partir là-bas... Le mythe du rêve américain !
J'en parlais, je commençais à prendre des renseignements, mais j'étais écartelée entre le fait de partir, et l'angoisse de tout abandonner.
Pourtant, je n'avais visiblement pas grand-chose à perdre !... Mais je ne suis pas partie, pour les mêmes raisons que celles qui ont fait que je ne suis pas allée au bout de ma tentative de suicide : une sorte d'incapacité à renoncer !
Partir, c'était fuir un peu, renoncer au fait, qu'un jour, peut-être, je serais digne d'être aimée par mes parents, par exemple !
Renoncer, ça certainement pas !Je ne renonce jamais !!!
Je suis une battante moi ! Renoncer, c'est pour les faibles, ou les stupides. Renoncer, c'est la facilité, c'est la porte ouverte à tout !
Alors je suis restée là. Et j'ai changé de boulot.
Après un court passage dans la vente de produits financiers (euh vendre des placements à des gens qui n'ont pas les sous, j'avais du mal), j'ai fini pas réussir à entrer dans une boîte d'informatique !
Ça, c'était une vraie victoire. À cela non plus je n'avais pas renoncé !
On était dans la fin des années 80, et l'informatique débutait en France !
Y'avait que des "djeunes" ! on s'éclatait, on était subversifs (on ne mettait pas de cravate! lol), on parlait technique, on était branchés... et on gagnait des sous... beaucoup de sous !
J'étais devenue commerciale, et je gagnais super bien ma vie, car je vendais bien ! lol
J'avais trouvé un nouveau hobbie, gagner des sous, et en dépenser plus que je n'en gagnais !
À l’époque, je n'avais pas mon permis de conduire, mais pas grave, j'étais allé m'acheter une belle golf neuve avant même de le passer ! lol
Je faisais des cadeaux somptueux, je sortais avec mes amis (toujours les mêmes), on se donnait toujours rendez-vous à Opéra, dans les beaux quartiers, etc.
Je continuais à voir Xavier, mais les choses n'avançaient pas pour autant !
Il était toujours un éternel étudiant, il était toujours un éternel manifestant, etc. Mais moi, j'avais envie de plus, de beaucoup plus.
Alors, au lieu de lui écrire, je lui envoyais des cassettes audio (bah oui, ça nous rajeunit pas tout ça ! lol) sur lesquelles je lui racontais ma vie, mes espoirs et mes désespoirs, mes envies...
Je lui disais à quel point ce serait bien qu'il travaille et qu'on puisse s'installer ensemble.
Je continuais à partir en vacances avec mon clan familial, bref, rien ne changeait vraiment, sauf que j'avais des sous !
Mais alors, pourquoi ne pas partir, prendre un appartement ?!
La question ne s'est même jamais posée.
Et puis, il y eu ce fameux soir, ce samedi soir ou tout à basculé !
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