vendredi 19 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (21)


Et si, après tout, de nos deux errances, de nos deux malheurs, on pouvait faire quelque chose de bien ?

Et si, finalement, l’histoire se finissait bien, comme dans les films… Pourquoi pas ?

Pourquoi ne pas nous donner une chance d’y arriver, pourquoi on n’y arriverait pas, nous aussi, à construire notre petit nid d’amour, notre cocon, loin de notre enfance et de ses douleurs, loin de ce quotidien qui, parfois, nous agresse ?

Pourquoi ne pas la tenter, cette chance ?

Après tout, d’autre y arrivent bien, pourquoi pas nous, pourquoi pas moi ?

Et puis, je pouvais le comprendre, je devais le comprendre, et l’aimer, plus encore, et c’était certain, comme cela, grâce à l’amour, je le sauverais, je nous sauverais.
Pour le moment, il n’y avait plus qu’une seule chose qui comptait, ce petit être qui grandissait en moi.

J’avais acheté un livre sur la grossesse qui expliquait le développement du bébé semaine par semaine.

C’était devenu mon livre de chevet, je crois que je le connaissais pas cœur ! Je ne voulais rien rater, je voulais tout savoir !!!

Alors, durant ces neuf mois, ma vie a été rythmée par l’attente de ce bébé. Rien d’autre ne comptait plus, j’étais comme protégée.

Il grandissait en moi, et je n’étais plus seule… Plus jamais je ne serais seule !!!
Franck a perdu son boulot, en a retrouvé un autre du même genre moins loin, mais pas plus accessible.

Je ne travaillais plus, j’étais coupée de tout le monde… Il y avait la pétanque le week-end, l’alcool, et entre ces périodes, la semaine ou tout se passait à peu près bien.

Comme je ne travaillais pas, je passais pas mal de temps chez mes parents qui, eux, bossaient encore !

Avec ma mère, on préparait l’arrivée de ce bébé… On avait un « projet commun »…
Il fallait que tout soit parfait… Je suis allée acheter une super belle chambre, une jolie commode, et un super lit… et tout ce qu’il fallait pour accueillir cet enfant déjà roi.

Côté santé, tout allait plutôt pas mal, si l’on exclut le fait que j’ai vomi pendant 9 mois… mais on s’habitue très vite !!!

Je n’avais pas pris de poids, pas un gramme. J’étais en forme, je passais mon temps à me promener !

Ma mère me disait que je finirais pas accoucher dans un supermarché !!! Elle n’avait pas tort !

La gynéco qui m’a suivie durant toute ma grossesse était absolument géniale. A aucun moment elle ne m’a fait culpabiliser, jamais une remarque. Elle m’a toujours considérée comme une maman normale, qu’elle accompagnait au mieux pour parvenir à une fin de grossesse la plus épanouissante possible.

Neuf mois durant lesquels, moi aussi, j’étais comme enveloppée par un pseudo utérus me protégeant de l’extérieur… Ni les coups, ni les problèmes d’argent qui se profilaient ne m’atteignaient vraiment…

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