vendredi 14 septembre 2007

GROSSIR D' AMOUR (6)


J’ai donc poursuivi mes études, en m’embêtant copieusement en classe, en continuant à grossir, en devenant carrément grosse, en continuant à prendre des raclées, et en continuant à souffrir en silence…

De ma bouche, tout entrait, mais rien ne sortait !

Et c’était un peu pareil pour toute la famille…

Enfin, tout entrait… Toujours les mêmes aliments depuis toutes ces années, triés sur le volet !

Fin de troisième, que faire… Pas d’envie… j’sais pas…

Arrivée à l’Ecole Commerciale de jeunes Filles de la Chambre de Commerce et d’industrie de Paris… Sisi, j’vous jure, ça existe !!!

École super cotée… École de filles… Toujours !...

Je continue à m’ennuyer et à grossir, et je deviens vraiment grosse… J’ai du mal à m’habiller, je dépasse les 100 kilos, j’ai 16/17 ans…

Je passe mon bac, mon diplôme, je suis en avance, je n’ai que 18 ans…

Ah, tiens, le bac… C’est intéressant, car dans ma famille, j’étais la première à le passer… J’étais la plus « grande » !

On va chercher les résultats, et ça y est, je l’ai !

Mon oncle et ma tante arrivent à la maison, avec un gros bouquet de roses (énormes… Les fleurs et le bouquet), dans un superbe vase que j’ai toujours !

Le bac, ça se fête !

Du côté de mes parents, j’aurais droit à un « c’est bien, bravo » de mon père, et à un « ah quand même, tu as fini par te mettre à bosser » de ma mère !!!!

Enfin… Bref, la routine ! lol !!!

Puis, à la sortie des études, l’envie de continuer, les profs qui poussent pour rentrer à HEC, mais pour mes parents, ça suffit bien, j’ai mes diplômes, faut aller bosser.

Fin juin, le diplôme, je viens juste d’avoir 18 ans, juillet vacances en famille, dans le clan, comme d’habitude, et début août, recherche de travail.

Premiers CV, premières lettres de motivation, premières petites annonces.

Et la pression… De ma mère qui me dit au bout de 15 jours que si je ne trouve pas, ça va aller mal.

Oh, trouver du boulot, avec mon diplôme, c’était facile, à l’époque, aucune difficulté.

Mais moi, quelque chose était né en moi… L’ambition, l’envie d’y arriver, l’envie de faire quelque chose de ma vie, l’envie de réussir, l’envie de laisser une trace, l’envie de gagner de l’argent, l’envie d’être ENFIN reconnue, et… Peut-être l’espoir, un jour, d’avoir des félicitations de ma mère.

Pour elle, ce qu’il faut, c’est entrer dans l’administration. La sécurité de l’emploi, un petit job pépère… Tout ce qui me fait gerber !

Moi, j’ai envie de bosser dans l’informatique, dans la pub, etc.

Pas facile, car l’informatique arrive tout juste en France, nous sommes 83 ! Les premiers pc sont un luxe quasi inaccessible, y compris pour les plus grosses sociétés.

Alors, finalement, je rentre dans une grosse boîte de pub.

Le quartier de la Défense, des bureaux ou je suis considérée comme inexistante… Des filles super minces, super branchouilles, super pétasses, et… Moi !!!

Moi et mes kilos, moi et ma façon ringarde de m’habiller, mon et ma façon de passer mon temps à m’excuser d’exister…

Moi, et une super-woman à l’intérieur de moi, cachée par un gros corps, et l’impression de ne pas exister…

Moi, et la pub, finalement, cela n’aura duré de 15 jours.

Je trouve autre chose, je donne ma dem !

Commentaire de l’époque : dans le pub, y’en a un qui pense, qui imagine, et 100 qui font de la merde autour. Si je ne suis pas celui qui pense, qui imagine, alors ça ne m’intéresse pas !

De grandes idées à l’intérieur, et un extérieur qui ne suit pas ! lol

Du coup, me voici propulsée dans une petite PME d’import export…

Rien à voir, l’opposé… Un truc super familial, avec un patron type patriarche que l’on appelle Monsieur Jean (il a 28/30 ans, j’en ai 18 !!!), bref, une caricature…

Mais je m’y suis bien trouvée.

Là, très vite, j’ai pu gravir les échelons, et surtout, multiplier mon salaire par deux, en un an ½.

Là, enfin, on reconnaissait mes qualités.

Je gagnais de l’argent que je dépensais totalement !

Rien n’était assez beau pour ma famille : immenses bouquets de fleurs pour ma mère, maroquinerie de luxe, bouffe des grands traiteurs, argent de poche pour mon frère qui était encore à l’école, cadeaux pour mon père, coup de pouce pour finir le mois, car mon père gagnait un peu moins et que mon frère fréquentait une école assez chère.

Tous les mois, je versais une « pension » à ma mère… Je me souviens, au début, c’était 1000 francs… Cet argent servait à manger, payer les frais de la maison, etc.

C’est durant cette période que j’ai rencontré Xavier, l’année de mes 20 ans.

Quand je l’ai vu, le signal « ALERTE ROUGE » s’est mis à s’allumer dans ma tête, vous savez, un peu comme dans ces sous-marin en temps de guerre… Ouin, ouin, ouin, et le panneau alerte rouge qui clignote ! c’était ça !

Il va totalement changé le cour de ma vie !

1 commentaire:

Unknown a dit…

Vite, la suite !