
reprenons la chronologie…
1961 : mariage de mes parents
1965 : ma naissance
1967 : mariage de ma tante (avec un médecin)
1968 : naissance de mon frère et de mon cousin
1972 : naissance de mon deuxième cousin
On a toujours fonctionné en clan. Autour de ma mère et de ma tante, les maris, et les enfants, accessoirement ma grand mère (leur mère).
Week-end, vacances, on faisait tout à 8, parfois à 9.
Mes parents n’avaient pas d’amis, pas le temps.
Mon père travaillait de nuit, pour gagner plus de sous. Enfin, pour gagner plus de sous, et pas seulement, avec le recul…
Il bossait de nuit, donc il ne gérait rien. Il ne s’occupait pas des enfants, de la maison, de l’intendance… ma mère gérait tout !
C’était une force de la nature !
Deux enfants et une maison toujours impeccable. Une carrière menée de main de maitre.
Elle a fait toute sa vie professionnelle dans une grosse boite d’assurance.
A 16 ans, elle y était entrée (comme ma tante), après des cours chez Pigier, comme dactylo. Elle a fini sa carrière en tant de chef de service !
Très tôt, elle s’était dit qu’elle ne serait pas une « traine savate » ! Elle voulait réussir !
C’était aussi une force de la nature physiquement. Je me souviens, quand on allait faire les courses, elle prenait deux sacs dans chaque main, et hop hop, les trois étages… Elle devait porter au moins 15 kilos dans chaque main !
Elle se levait super tôt, nous réveillait, nous préparait, allait travailler, faisait les courses, la bouffe, la vaisselle, le linge, le ménage, la paperasse, s’occupait de tout !
De longueS journéeS !
Mais moi, tout ça, je m’en foutais !
Après son congé maternité, elle avait bien vite repris son travail. Il fallait faire rentrer de l’argent pour réussir, pour n’être pas des loosers !
J’avais donc été confiée à des nourrices…
Du coup, bah je mangeais pas… Déjà que depuis ma naissance, j’avais du mal avec la bouffe, là, ça ne s’arrangeait pas !
Je refusais tout !
On m’a gavée de bouillies !
Résultat, à un an, j’étais une vraie boule, comme on les aimaient à cette époque ! Un enfant, ça devait être grassouillet !
Mais rien ne s’est arrangé, et l’arrivée de mon frère n’a pas rendu la situation plus simple ! Je refusais toujours de manger, J'étais revenue à un poids standard !
Mon frère… Je ne me souviens pas de son arrivée dans la maison. En fait, quand j’y pense, j’ai deux sentiments qui me viennent. D’un côté un amour immense pour lui, je l’adore, vraiment, sincèrement, et de l’autre un gigantesque sentiment d’injustice !
Pourquoi, lui, n’a-t-il pas vécu ce que moi j’ai vécu ?!
C’est à priori à ce moment là que j’ai commencé à faire pipi au lit !
Quasiment toutes les nuits… Et cela a duré jusqu’à l’âge de 7/8 ans.
Je ne me rendais pas compte ! Le matin, je me levais, et mon lit était mouillé.
Ce dont je me souviens bien, en revanche, c’est de la terreur qui était la mienne au moment de me coucher. La nuit, tout me faisait peur… une ombre sur un rideau, la certitude, si je me levais, que quelque chose allait sortir de sous mon lit pour me manger, ou celle que quelque chose était là, derrière moi, ou la peur de sortir de sous les draps, persuadée que quelqu’un me saisirait par la main et m’emmènerait loin, ou encore, ces ombres que je sentais se pencher sur moi, robe et capuche de bure, avec une lueur rouge dans le fond de la capuche.
Du coup, me lever, était un enfer.
Il me fallait un temps infini pour oser sortir ma main de sous les couvertures pour allumer la lumière, et ensuite trouver la force de mettre un pied par terre, loin du lit, ma plaquer contre l’armoire pour être certaine que rien n’est derrière mon dos, oser ouvrir la porte, passer devant la porte de la salle de bain qui était toujours ouverte, et dont quelqu’un ou quelque chose pouvait surgir, et m’enfermer dans les toilettes…. Puis, refaire la même opération dans le sens inverse !
Une nuit que j’étais aux toilettes, j’ai posé mes mains de part et d’autre de la pièce, et touché les murs.
Cette petite astuce allait me permettre d’arrêter de faire pipi au lit.
A compté de ce jour là, je me suis conditionnée, et à chaque fois que l’envie de faire pipi venait, je regardais si je touchais les murs… si ce n’était pas le cas, c’est que je n’étais pas au toilettes, et qu’il fallait que je me retienne…
Mes nuits n’ont jamais été calmes...
à suivre
1 commentaire:
on comprend l'histoire de ton oids, on a toute une histoire diférente
monique
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