lundi 5 novembre 2007

GROSSIR D'AMOUR (27)

Le passage à la maternité, c’est un drôle de truc !

Cela fait, en général, des mois, des années, que l’on veut avoir un bébé, neuf mois qu’on l’attend avec impatience, qu’on est là, à lire tout ce qu’on peut lire sur le sujet… Comment il se développe, là, à l’intérieur de notre ventre, ce qu’il perçoit ou pas… Neuf mois qu’on l’imagine, qu’on prépare son arrivée…

Cela fait des semaines, que l’on a préparé le sac, acheté un lit, de petits vêtements, une poussette, des biberons, et tout le tintouin, bref, cela fait des mois qu’on ne pense qu’à ça !!!

Plus grand chose d’autre n’a véritablement d’importance, on regarde toute sa vie, on projette toute sa vie, en fonction de ce grand chambardement…

On est super amoureux du papa, on l’imagine déjà promenant fièrement notre bébé, lui donnant à manger, lui changeant ses couches, l’emmenant à son premier match de foot, ou la protégeant du méchant garçon, qui, un jour, viendra l’enlever…Tout est déjà écrit, codifié, et l’on s’imagine parfaitement inscrivant nos vies dans celles de ces personnages dont on nous rabache les oreilles depuis tant d’années… Depuis notre enfance… À force de contes de fées, et autres films débiles que nous, les filles, en particulier, nous adorons !

Et puis, un jour, ce bébé arrive pour de vrai !

On n’aurait qu’une envie, à ce moment-là, c’est d’être un peu seuls, à la maison, de se retrouver après tant d’émotion et d’attente, et c’est tout le contraire qui se produit…

On se retrouve coincés dans une clinique, avec la visite de tas de gens qu’on adore, mais qu’on n’a pas forcément envie de voir, là, tout de suite, dans un truc médicalisé et un peu impersonnel. On est là, coincés dans un lit à une place, sans place, justement, pour le papa, loin du petit nid douillet qu’on a préparé avec tant de soins !

Alors, quand la première nuit arrive, on se sent bien seule…

On est épuisée, fragile, vide de ce petit être qui vient d’arriver, et qui a déserté notre ventre…

A ce moment-là, je n’ai qu’une envie, qu’il me prenne dans ses bras, qu’on soit loin de cet endroit, et qu’on se retrouve, nous trois, pour vivre enfin le bonheur auquel nous avons droit !

A partir de ce moment-là, logiquement, la boucle de notre souffrance est bouclée, nous sommes à notre tour parents !

Finis les tourments de notre enfance, fini les manques, on doit maintenant être complets, et plus morcelés comme nous l’étions depuis toujours… Mais comment faire quand, au cœur de la nuit, on est seule, à la maternité, et que lui est si loin de vous ?!

Alors, on téléphone, durant des heures… Mais la voix ne remplace pas des bras… Et finalement, au bout de plusieurs heures, on tombe tellement de fatigue, qu’on finit par s’endormir… Mais pas heureuse, pas comblée !

Je ne comprenais pas très bien ce qui se passait, ce qui m’arrivait !

J’aurais dû être heureuse… Être maman, cela faisait des mois que je l’attendais plus que tout…

Mais désirais-je être maman, ou fonder ma propre famille pour moins souffrir ?

mardi 30 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (26)


Je n’attendais qu’elle !!!

Bizarrement, je venais d’être maman, et ce n’est pas ma fille qui était à la nurserie qui me manquait, mais ma maman à moi.

J’avais mal, j’étais épuisée, trop d’émotions, je ne savais plus trop ou j’en étais, et du coup, je n’avais qu’une envie, qu’elle arrive enfin, qu’elle demande aux infirmières de me donner quelque chose pour que je puisse enfin dormir un peu, me reposer, qu’elle me rassure, bref, qu’elle s’occupe de moi !

Il faut dire qu’après avoir accouché, j’ai été ramener dans ma chambre que je partageais pour cette nuit-là avec une autre dame, et que plus personne ne s’occupait de moi !

J’avais mal, je ne pouvais pas fermer l’oeil, j’avais le sentiment que ce n’était pas du tout normal, et que tout le monde s’en foutait.

D’ailleurs, la dame à côté de moi, qui avait accouché, elle, en fin de soirée, ne souffrait pas du tout… Sa péridurale avait parfaitement fonctionné, elle était calme, elle se reposait.

Elle a même appelé les infirmières tellement elle constatait que je souffrais, mais tout le monde s’en foutait visiblement, comme si j’étais super douillette, alors que je suis super résistante au mal !

Alors, quand j’ai vu arriver ma maman dans la chambre… Quel bonheur !!!

Elle, tout de suite, elle a vu que j’étais mal. Elle est allée voir les infirmières, et, devant leur manque de réaction, elle avait appelé mon oncle (le médecin), qui avait aussitôt rappelé la clinique afin de demander qu’on me donne quelque chose…

On m’a donc donné un truc, et, comme par miracle, au bout d’un moment, j’ai eu moins mal, et, enfin, je pensais pouvoir me reposer !

Nous étions en fin de matinée, et la puéricultrice me ramenait ma fille dans la chambre pour que je la change et que je lui donne son biberon !

J’en étais bien incapable, alors, c’est ma maman qui l’a fait…

Première couche, et premier gros caca en cadeau !!! lol

Je les regardais, un peu absente, abrutie de fatigue !

Puis, on nous apportait le premier biberon, et c’est également ma maman qui lui a donné.

Je les revois encore, là, devant moi, dans la chambre, ma mère debout, et ma fille dans ses bras. C’était beau, mais en même temps, cela me semblait un peu décalé…

Ma maman avait l’air si heureuse, cela me faisait tellement plaisir de la voir ainsi, elle était belle !

Moi, j’étais vautrée dans mon lit, épuisée, et ne demandant qu’une chose, dormir… Enfin !

Nous étions en toute fin de matinée, je n’avais pas dormi depuis plus de 24 h, et je venais d’accoucher… J’avais besoin de sommeil.

Mais j’avais oublié que nous étions samedi, et que les visites allaient commencer !!!

Leçon à retenir : ne jamais plus accoucher un week-end ! lol

Cela a commencé par le changement de chambre… Je pouvais maintenant bénéficier d’une chambre seule qui s’était libérée.

C’était super mignon, tout rose, et tout neuf !

On m’a donc transférée, et installée.

Puis, toute la famille est arrivée, au grand complet, chacun son tour.

Franck est arrivé avec ses parents, mais alors qu’il s’était fait tout beau cette nuit, ce jour-là, il était arrivé l’oeil pas très frais, une vieille chemise sur le dos, mal peigné, bref, pas super pour rencontrer toute la famille… Il avait également un peu arrosé la naissance visiblement !

J’ai été super gâtée par tout le monde, des fleurs pour la maman, et des cadeaux pour la petite !

Mais, je dois bien l’avouer, même si j’avais été ravie de voir ma grande mère, ma tante, et mes parents, je n’avais qu’une envie, me reposer.

La famille de Franck est, elle aussi, venue nous voir, mais bon, je n’avais pas trop d’atomes crochus avec eux !

Et puis, le soir, enfin, tout le monde est parti, et je pensais que j’allais enfin pouvoir dormir.

J’avais, dans la journée, pu donner le biberon à ma fille, mais pas encore la changer, car j’avais un peu de mal à me lever…

La première nuit arrivait…

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samedi 27 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (25)


Ça y est, mon bébé est né… Je l’entends crier…

Franck rentre dans la pièce.

Plus tard, il me dira que lorsqu’il m’a entendu crier, il a failli entrer dans la salle pour tous les boxer !

On me tend mon bébé, Franck est à côté de moi…

Mais ce bébé, il est tout sale, plein de sang, et quand le sage femme me le tend en me disant « tenez madame, prenez votre bébé », je la regarde et je dis »je ne sais pas… »…

Elle a du comprendre ce qui se passait, car immédiatement, elle m’a dit, attendez, je vais la mettre dans un linge. Elle a alors attrapé un lange, et l’a essuyée un peu et me l’a mise sur le ventre.

C’était bizarre… Quel rapport y avait-il entre le bébé qui était dans mon ventre, et ce petit être qu’on venait de poser sur moi ?

Je crois que je ne comprenais pas très bien ce qui m’arrivait…

Je l’ai regardée, elle était belle, j’ai demandé si c’était bien une fille au moment ou elle est sortie… J’avais eu peur d’avoir tout acheté en rose, et que ce soit un garçon, ça n’aurait pas été parfait !

Elle avait quand même une tête bizarre… tout en longueur, avec un crâne en forme de cône… On avait rie avec Franck… la sage femme nous avait rassurés en nous disant que c’était normal et que cela allait reprendre une forme normale.

Puis, rapidement, on m’avait repris ce bébé, il était parti avec son père pour faire le bain et les premiers soins.

Moi, j’étais restée là, à nouveau seule, vide, pour expulser le placenta, et recoudre l’épisiotomie…

Cela m’a paru durer des heures.

Au bout d’un moment, Franck est revenu avec notre fille. On me l’a mise dans ces berceaux transparents que l’on trouve dans toutes les maternités.

J’avais choisi le pyjama qu’on devait lui mettre. Une sage femme me l’avait gentiment demandé.

On est restés là, un moment tous les trois, à se sourire, à se regarder. Elle était si belle… On avait réussi à faire un si joli bébé…

Il était minuit 40, le 5 octobre quand elle est née.

J’avais demandé à Franck de prévenir mes parents qui étaient là, mais je ne le savais pas.

J’aurais pu les voir avant de commencer l’accouchement, mais Franck les avait prévenus trop tard.

J’ai demandé à les voir, mais l’équipe a refusé car il était trop tard.

J’ai dit à Franck de rentrer à la maison, car je devais rester en salle d’accouchement encore deux heures, avant d’aller dans une chambre.

En plus, pour ce soir, je serais dans une chambre à deux lits…

J’avais toujours des contractions, je souffrais beaucoup, j’étais épuisée !

J’ai demandé à ce que l’on me donne un calmant, mais rien !

Au bout de deux heures, on a finit pas m’installer dans un lit, mais impossible de dormir, j’avais toujours des contractions… j’ai eu des contractions jusqu’au lendemain 10 heures !

Et autant, avoir des contractions pour avoir son bébé, on est préparés, mais après, on ne supporte plus !!!

Le lendemain matin, enfin, à la première heure, maman arrivait !

mercredi 24 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (24)


Me voilà donc arrivée à l’étage de la maternité…

A priori, j’allais accoucher bientôt !

Normalement, tout devait bien se passer. Un accouchement normal. On avait fait des radios pour voir si le bébé passerait bien par mon bassin, et il n’y avait pas de problèmes.

Je me souviens de ces radios, il fallait se contorsionner, mais quand on fait près de 140 kilos, se contorsionner alors qu’on est enceinte de 7 ou 8 mois, ce n’était pas facile.

C’était la première fois que j’avais ressenti une gêne pour un examen médical !

On m’installe donc sur un lit, et on commence le monitoring.

Le monitoring, c’est un truc vachement drôle !

On installe deux sangles atour du ventre, avec deux capteurs, l’un pour le cœur du bébé, l’autre pour les contactions.

On entend donc les battements du cœur du bébé, et on mesure la fréquence et l’intensité des contractions.

Bon, des contactions, il y en avait bien, mais elles étaient totalement inefficaces !

Cela expliquait mon malaise de la veille et le fait que je me sente si fatiguée aujourd’hui.

Franck était parti depuis un bon moment chercher mes affaires, et il ne revenait pas ! Je commençais à trouver le temps long ! Les infirmières aussi d’ailleurs !

On attendait son retour depuis un long moment afin qu’il puisse me rapporter un grand tee-shirt, ou une chemise de nuit avant qu’on me branche la perf, car après, c’était compliqué.

Puis, au bout de plusieurs heures (deux ou trois), on ne pouvait plus attendre, il fallait me passer en salle d’accouchement et me faire une injection d’un produit permettant de déclencher l’accouchement de façon plus efficace.

C’est donc totalement à poil que j’ai rejoint la salle d’accouchement qui ressemblait à s’y méprendre à une salle d’opération !

Quel drôle d’endroit pour accueillir un bébé ! Un univers froid, médicalisé… alors qu’on a juste envie d’un nid douillet… Mais bon, c’était plutôt largement moins pire qu’ailleurs dans cette maternité toute neuve et super moderne.

Me voilà donc installée, on me perfuse, on replace le monitoring, et c’est parti !

Ah !!! Les premières contractions… et c’est pas drôle du tout… putain, ça fait mal !!!

Franck fini pas arrivé… En costume ?!

S’il avait mis autant de temps, c’est qu’il avait pris le temps de prendre une douche, de se peigner, se raser, et de s’habiller en costume, cravate, etc.

Lorsqu’il est arrivé dans la salle d’accouchement, tout endimanché, et avec sa blouse et ses chaussons en papier bleu, j’étais morte de rire !

Je lui demande pourquoi il s’est habillé comme ça, et il me dit qu’il devait se faire beau pour accueillir sa fille ?!

A donc commencé une longue attente… Il était 17-18 heures.

On y était ! J’allais avoir un bébé !!!

J’étais plutôt zen, je n’avais pas peur.

En revanche, j’avais mal.

Respirer, souffler, faire le chien… Tout ça, c’était bien gentil, mais moi j’avais mal.

Franck essayait d’en rire avec moi, pour me détendre !

Ce foutu appareil qui servait à mesurer les contractions était devenu mon ennemi.

Entre chaque contraction, l’affichage était à zéro, et puis, plus la contraction était puissante, plus il montait… je voyais les chiffres grimper, j’avais mal, et je me demandais quand ça allait s’arrêter !!!

Franck plaisantait en me disant : bah non, là tu n’est montée qu’à 27, c’est pas beaucoup, tentes d’améliorer ton score…

Jusque là, le service avait été super tranquille, mais ce soir, nous étions trois femmes à accoucher… Rien dans la journée, et on s’étaient toutes décidées ce soir !

Une sage femme venait régulièrement me voir, et faire « l’inspection » du col de l’utérus…

Elle finit pas décider que c’était le moment de la péridurale.

Chouette !!!

On a donc demandé à Franck de sortir, puis on m’a fait m’asseoir, et on m’a enfoncé une aiguille dans le dos et injecté un produit !

C’était censé m’anesthésier tout le bas du corps ! J’attends toujours ?!!!!

Il faut dire que le travail n’avançant pas très vite, ils avaient mis la dose pour le déclencher… par deux fois !!!

Et puis, d’un seul coup, alors que j’entendais qu’il y avait déjà de l’agitation dans le couloir car une autre femme accouchait, j’ai senti un truc bizarre… Comme une envie de pousser… que dis-je, une envie, un besoin !

J’avais déjà perdu les eaux… et aux cours de préparation à l’accouchement, il nous avait bien parlé de ce moment ou on a besoin de pousser…On ne comprend pas très bien quand ils en parlent, mais là, je voyais tout à fait ce qu’ils voulaient dire !!!

J’ai donc demandé à Franck d’aller chercher quelqu’un car là, j’accouchais…

Il m’a regardé d’un air étonné, en me disant, bah attends là, ils sont occupés…

Hein, comment ça, ils sont occupés, mais je m’en fou moi, j’accouche là, maintenant ! Il faut aller chercher quelqu’un.

C’est à ce moment là, que j’ai vu les premiers signes de panique dans son regard ! Jusque là, il avait fait bonne figure, ou du moins, il avait tenté, en faisant quelques blagues, mais là, il flippait !!!

Il venait de comprendre que le bébé arrivait…

Il a donc détalé et est allé chercher quelqu’un.

La sage femme est arrivée, et a appelé du renfort en criant un peu…

C’était la panique… les produits injectés avaient fini par avoir de l’effet…

Il y a une demie heure on pensait avoir encore du temps, mais là, le bébé était là ! Il voulait sortir !!!

Panique à bord, le médecin est en train de terminer un accouchement, et rien n’est prêt pour moi !

Vite on installe les étriers, on m’installe correctement, et on commence…

Quand je vous le dis, vous poussez madame !

Euhhh, jusque là,j’avais été zen, mais là, maintenant, c’était la grande, la très grande panique.

Je n’avais qu’une envie, que ma mère soit là pour me tenir la main !!!

Tout mon corps tremblait… Ils me disaient de pousser, mais moi, j’avais mal ! Cela faisait des heures que je supportais les contractions, et leur putain de péridurale n’y avait rien changé. Je sentais très bien mes pieds, mes jambes, et mon bassin…

Je sentais aussi la tête du bébé qui ne passait pas !

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai demandé à Franck de sortir.

Ce moment me semblait très intime, et je n’avais pas envie qu’il me voit ainsi, peut- être.

Il est donc sorti, les sages femmes sont arrivées pour m’aider…

Je me revois encore hurler sur le médecin… Lui me disant : poussez madame, et moi lui répondant, mais je pousse, mais vous ne voyez pas qu’elle ne passe pas !!! Je sens que ça va me déchirer !!!

Il avait alors passé un peu de vaseline, et finalement pratiqué un épisiotomie.

Et puis, oh miracle, le bébé sort…

A ce moment là, j’ai immédiatement ressenti comme un grand vide, comme si quelque chose venait d’être aspiré à l’extérieur de moi, une grande tristesse, immense et profonde… Ce moment, aujourd’hui encore, quand j’y pense j’arrive à le ressentir presque physiquement.

A nouveau, j’étais vide à moi-même !

mardi 23 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (23)


Le prénom était choisi, et nous n’attendions plus qu’elle !

La dernière échographie montrait un bébé en pleine forme, mais qui n’avait pas assez grossi… Il fallait que je me repose.

J’étais heureuse, impatiente. Pourtant, il y avait une petite ombre au tableau.

Certes, je n’avais pas pris de poids, mais comme j’étais grosse, on ne voyait pas vraiment que j’étais enceinte.

Je n’ai pas connu ce bonheur immense de voir mon ventre s’arrondir, jusqu’à devenir tellement rond qu’on a l’impression qu’il va exploser !

Oui, j’étais plus ronde, c’est certain, mais la graisse qui recouvrait mon ventre ne lui donnait pas cet aspect rond et tendu… Je paraissais surtout plus grosse que d’habitude !

J’étais malheureuse de cela, car quand on attend un bébé, on a envie de le dire à tout le monde, de le crier sur les toits, de l’afficher… Et, ipso facto, c’est ce qui se passe normalement… Pas simple de cacher sa grossesse quand on est mince ?!

Il faisait très chaud cet été là ! C’était horrible !

Depuis deux semaines, je n’en pouvais plus d’attendre… Maintenant, il fallait qu’il vienne ce petit bout de chou !!

J’ai quand même fini par me reposer un peu en toute fin de grossesse…

J’étais à quelques jours d’accoucher, et je n’en pouvais plus. Nous étions début octobre, et la naissance était prévue pour le 7…

Le 3 octobre, au moment d’aller me coucher, alors que Franck regardait la télévision, j’avais été prise d’un terrible vertige… Mais bon… je m’étais couchée, et j’avais dormi.

Le lendemain matin, Franck était parti ou boulot, et moi, j’étais restée au lit… J’étais un peu barbouillée, je me sentais « bizarre », fatiguée.

Tout naturellement j’ai donc appelé la maternité qui m’a dit qu’il fallait venir.

De toute façon, mes affaires et celles du bébé étaient prêtes depuis 3 mois !!!

Je suis donc allée prendre une douche, mais je ne me sentais pas d’aller seule à la maternité, j’étais fatiguée.

Franck n’avait toujours pas eu l’autorisation de repasser son permis de conduite, mais cela ne l’empêchait pas de prendre la voiture de temps en temps !

A son retour du travail, nous sommes donc partis tous les deux à la maternité, comme ça, sans rien.

Arrivée là bas, ma gynéco n’était pas là, mais il y avait un autre médecin. Je l’avais déjà croisé lors de mes consultations.

En arrivant dans son cabinet, je n’ai pas pu m’empêcher de lui dire qu’il avait de superbes yeux bleus ! Je ne sais pas ce qui m’a pris, et quand j’y repense, je suis morte de honte.

J’étais enceinte de neuf mois, et je venais de lui dire ça, en m’allongeant sur la table d’examen !!!

En m’auscultant, il a constaté que j’avais des contractions, et qu’il fallait que je monte pour faire un monitoring.

Moi, j’étais arrivée là, les mains dans les poches… J’ai donc renvoyé Franck à la maison chercher mes affaires.

Il devait être 14 h !

dimanche 21 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (22)


Mon quotidien d’alors était rythmé par les allée et venue de Franck. Je vivais à sa cadence, en fonction de son boulot.

Côté bouffe, ce n’était pas mieux, mais ce n’était pas pire.

Nous mangions toujours ensemble le soir, et dans la journée, je grignotais… Comme d’habitude… Mon alimentation n’avait pas varié d’un pouce… Je mangeais toujours les mêmes aliments, toujours aussi peu variés !

Il m’était toujours impossible de goûter quelque chose que je ne connaissais pas.
Nous préparions l’arrivée de ce bébé, enfin surtout moi.

Franck, lui, voyait bien que j’étais enceinte, mais je crois que pour les hommes, c’est beaucoup plus abstrait.

Nous, les filles, on a cette chance immense, de sentir ce bébé grandir en nous. Nous sommes maman bien avant la naissance.

J’ai été maman de ce bébé dès que je l’ai vu lors de la première échographie.

On voyait déjà une forme humaine… Je me souviens, je regardais l’écran, et mon ventre, puis à nouveau l’écran, et mon ventre… Pas de doute, ce que je voyais à l’écran, c’était bien ce qui était dans mon ventre… un bébé… Pas une projection de bébé, mais un petit être avec une tête, deux bras, deux jambes… une personne ?!

Et puis, il y avait eu ce moment qu’on n’oublie jamais. Celui ou un soir, couchée sur le canapé, j’ai senti un mouvement, là, tout à l’intérieur de moi… comme le frémissement de deux petites ailes de papillons… les premiers coups de pieds ou gestes du bébé… On ne comprend pas très bien ce qui se passe… Non, ça ne peut pas être ça, ce serait trop merveilleux… Alors il existe bien… Il est bien là… Il bouge !!!

On pleure bêtement, on est envahit par l’émotion… et on reste à jamais marqué positivement par ce moment exceptionnel !

Comment ne pas prendre conscience, à ce moment là, qu’on va devenir maman ?!

Il y a également cet autre moment, ou l’on nous annonce le sexe du bébé…

Jusque là, on parlait d’avoir un enfant. On s’imaginait bien un bébé… Mais quand on apprend son sexe, on se projette… On achète les premiers pyjamas…. Bleus ou roses !

L’achat du premier pyjama, c’est aussi cela devenir maman…

Franck, lui, tout cela, il ne l’avait pas vécu ainsi. Il n’avait pas été présent au moment des échographies, par exemple !

Il faut dire qu’il y a 16 ans, les hommes n’étaient pas encore très au point la dessus !!!

On sortait à peine du rôle traditionnel du père, distant avec ses enfants… Tout juste !

Finalement, ce serait pour nous… du rose !

Oui, nous allions avoir une fille !!!

Nous nous étions mis d’accord, si c’était un garçon, je choisissais le prénom, si c’était une fille c’était lui…
J’aurais voulu un prénom doux comme Sophie, Marjorie, Charlotte, ou Alizée… Mais j’avais le choix entre Fabienne, et Jennifer ?!

Avez-vous remarqué comme certains prénoms on une forte connotation ?

J’avais connu une Fabienne, quand j’étais gosse ! Une vraie peste !!!

Du coup, le choix fût vite fait !!!

vendredi 19 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (21)


Et si, après tout, de nos deux errances, de nos deux malheurs, on pouvait faire quelque chose de bien ?

Et si, finalement, l’histoire se finissait bien, comme dans les films… Pourquoi pas ?

Pourquoi ne pas nous donner une chance d’y arriver, pourquoi on n’y arriverait pas, nous aussi, à construire notre petit nid d’amour, notre cocon, loin de notre enfance et de ses douleurs, loin de ce quotidien qui, parfois, nous agresse ?

Pourquoi ne pas la tenter, cette chance ?

Après tout, d’autre y arrivent bien, pourquoi pas nous, pourquoi pas moi ?

Et puis, je pouvais le comprendre, je devais le comprendre, et l’aimer, plus encore, et c’était certain, comme cela, grâce à l’amour, je le sauverais, je nous sauverais.
Pour le moment, il n’y avait plus qu’une seule chose qui comptait, ce petit être qui grandissait en moi.

J’avais acheté un livre sur la grossesse qui expliquait le développement du bébé semaine par semaine.

C’était devenu mon livre de chevet, je crois que je le connaissais pas cœur ! Je ne voulais rien rater, je voulais tout savoir !!!

Alors, durant ces neuf mois, ma vie a été rythmée par l’attente de ce bébé. Rien d’autre ne comptait plus, j’étais comme protégée.

Il grandissait en moi, et je n’étais plus seule… Plus jamais je ne serais seule !!!
Franck a perdu son boulot, en a retrouvé un autre du même genre moins loin, mais pas plus accessible.

Je ne travaillais plus, j’étais coupée de tout le monde… Il y avait la pétanque le week-end, l’alcool, et entre ces périodes, la semaine ou tout se passait à peu près bien.

Comme je ne travaillais pas, je passais pas mal de temps chez mes parents qui, eux, bossaient encore !

Avec ma mère, on préparait l’arrivée de ce bébé… On avait un « projet commun »…
Il fallait que tout soit parfait… Je suis allée acheter une super belle chambre, une jolie commode, et un super lit… et tout ce qu’il fallait pour accueillir cet enfant déjà roi.

Côté santé, tout allait plutôt pas mal, si l’on exclut le fait que j’ai vomi pendant 9 mois… mais on s’habitue très vite !!!

Je n’avais pas pris de poids, pas un gramme. J’étais en forme, je passais mon temps à me promener !

Ma mère me disait que je finirais pas accoucher dans un supermarché !!! Elle n’avait pas tort !

La gynéco qui m’a suivie durant toute ma grossesse était absolument géniale. A aucun moment elle ne m’a fait culpabiliser, jamais une remarque. Elle m’a toujours considérée comme une maman normale, qu’elle accompagnait au mieux pour parvenir à une fin de grossesse la plus épanouissante possible.

Neuf mois durant lesquels, moi aussi, j’étais comme enveloppée par un pseudo utérus me protégeant de l’extérieur… Ni les coups, ni les problèmes d’argent qui se profilaient ne m’atteignaient vraiment…

jeudi 18 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (20)


Pourtant des coups, il commençait à y en avoir régulièrement.
Tout avait commencé avec la fois ou un de ses copains était venu à la maison.

Ils avaient picolé ensemble, et avaient un peu fini par se disputer.

Je les avais donc séparés, et j’avais emmené Franck dans le couloir pour le calmer.

Alors que je lui parlais, j’avais pris un violent coup de tête dans le nez !

J’avais été comme assommée.

Ce geste m’avait laissée pantelante, comme saoule à mon tour.

Je ne comprenais pas ce qui venait de se passer.

On en avait parlé les jours suivants, mais j’avais pardonné.

Une autre fois, un autre de ses amis était venu à la maison dîner.

Ils avaient picolé (comme d’habitude !), et jouaient aux cartes.

C’était un très ancien ami de Franck, et il avait une réelle mauvaise influence sur lui.

C’était son partenaire pour jouer à la pétanque, et c’était, lui, un alcoolique gravement malade. Il buvait tous les jours, dès le matin.

Il entraînait Franck, qui n’avait pas besoin de cela, chaque week-end.

Ce soir-là, donc, alors qu’ils avaient déjà beaucoup bu, et que le ton montait, Franck s’était levé pour aller chercher une autre bouteille.

Discrètement, je lui avais dit que ce serait peut-être mieux d’arrêter.

Sans que je ne comprenne pourquoi, alors que j’étais enceinte, il s’est mis à me taper dessus, me faisant tomber, et me donnant des coups de pieds alors que j’étais au sol !

Souvenirs… Souvenirs… Ma vie ne serait-elle donc faite que de cela ? De violences ?

Je m’étais réfugiée dans la chambre, en pleurant… Et j’ai encore pardonné… Comme j’ai pardonné à chaque fois !

Mon ennemi, dans cette situation, ce n’était pas Franck, mais l’alcool !

Comment pouvais-je lui en vouloir. Quand il n’avait pas bu, c’était un garçon adorable.

Et puis, ce n’était pas de sa faute s’il buvait.

Dans sa famille, tout le monde picolait plus ou moins. Durant les réveillons, tout le monde était plus ou moins bourré, et un repas sans alcool, c’était pas un vrai repas. Si on allait chez eux, on ne pouvait pas, comme ils le disaient, repartir sur une jambe, il fallait donc prendre au moins deux apéritifs !!! C’était un alcoolisme bien franchouillard, commun, banal.

Et puis, il y avait toujours cette grande tristesse dans ses beaux yeux bleus.

Je me souviens comme si c’était hier, de ce jour ou il était malade.

Il avait beaucoup de température, je lui avais donc préparé ses médicaments. Il était couché sur le canapé du salon, il avait froid, je suis allée chercher une couverture.

En souriant, je l’avais « bordé », et fait un bisou. Il m’avait pris la main, et m’avait dit que personne ne lui avait jamais fait cela.

J’ai encore la chair de poule. J’entends encore ses mots résonner. De ses parents, il avait reçu beaucoup de baffes, mais visiblement peu d’affection !

Comment lui en vouloir, il avait été si malheureux !!!

mardi 16 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (19)


J’avais repris des relations avec ma mère, c’était moins tendu.

Mais quand elle a su que j’étais au chômage, elle n’a pas beaucoup apprécié, j’ai eu droit à une scène !

Franck, lui, travaillait toujours dans sa station-service.

Il commençait en fin de journée, et finissait à minuit.

D’ailleurs cela avait joué un rôle non négligeable, dans le fait que je laisse tomber mon boulot.

J’étais fatiguée par les premiers mois de grossesse, mais ce n’était pas tout !

Il n’avait plus de permis de conduite, car il se l’était fait sucrer pour conduite en état d’ivresse, bien avant que l’on s’installe ensemble.

Il devait donc prendre les transports en commun pour aller bosser.

Son boulot était assez loin de la maison. Pour y aller en fin de journée, c’était compliqué, mais c’était possible, mais le soir, pour rentrer, à minuit, impossible de prendre les transports en commun.

Du coup, j’étais obligée d’aller le chercher.

Je partais donc bosser tôt le matin, puis au lieu de rentrer chez nous, je passais la soirée chez Valérie, à Saint Denis.

Valérie, c’était la copine de Xavier à l’époque. On avait fait connaissance durant un réveillon qu’on avait passé à 4, Franck, Xavier, Valérie et moi !

Depuis, nous étions inséparables !

Nous passions toutes nos soirées ensemble, chez elle.

On discutait, de vraies pipelettes !

Il faut dire qu’on avait un sujet tout trouvé : Xavier !

Parfois, Xavier venait nous rejoindre le soir, et on rigolait bien…

Puis, vers 11h30, je repartais, je récupérais Franck, on rentrait à la maison, on mangeait, et j’allais me coucher, jamais avant 2 h du matin.

Du coup, quand il fallait se lever le lendemain, à 7h, c’était compliqué.

Quand on y ajoute les nausées, et la fatigue de la grossesse, pas étonnant qu’on trouve son boulot moins passionnant !

Xavier était d’ailleurs venu chez nous, un soir, avant de savoir que j’attendais un bébé.

Il y avait eu une discussion folle entre Franck et lui.

Xavier lui expliquait qu’il n’avait toujours pas « lâché l’affaire me concernant ». Franck lui avait répondu qu’il n’y pouvait rien si je l’aimais, et que, d’ailleurs, certainement que lui, Xavier, m’aimait plus qu’il ne m’aimait lui, mais que c’était comme cela, que c’était moi qui choisissais ! De vrais mômes.

Mais quand l’heure de repartir était arrivée, Xavier ne sachant pas quelle route reprendre, j’avais pris ma voiture pour le mettre dans la direction de l’autoroute.

Là, nous nous sommes arrêtés quelques instants.

Il m’avait parlé, m’expliquant qu’il ne comprenait pas ce que je faisais avec un mec comme ça, qu’il savait que je l’aimais toujours… J’ai senti que tout vacillait en moi, et si, à ce moment précis, il m’avait proposé de nous installer ensemble, je serais peut-être repartie avec lui.

Mais rien de précis. J’avais un doute, mais je n’ai rien lâché, encore une fois !

Je suis rentrée à la maison !

Je n’avais donc plus de boulot, mais ce n’était pas grave.

Mon chômage était confortable, et, à l’époque, on pouvait en profiter un peu.

Et comme j’étais enceinte, personne ne me prenait trop la tête sur ma recherche d’emploi !!!

Et puis, Franck ne bossait qu’en fin de journée, du coup, on passait la journée ensemble, à buller.

Cela faisait 7 ans que je n’avais fait que bosser. Prendre un peu de temps pour soi, cela faisait du bien.

Le soir, je l’accompagnais à son boulot, et je continuais à aller voir Valérie.

C’était mon seul lien avec l’extérieur.

À part elle, ma tante au téléphone, et mes parents, je ne voyais plus personne.

J’avais rompu avec presque tous mes amis.

Le week-end, on allait à la pétanque !!!

Moi, à la pétanque… Il n’y avait là que des gens de 40 ans minimum, 90 % d’hommes, dont la majorité était alcoolo !

Qu’importe, je ne voyais rien. Je m’occupais de la buvette, des inscriptions. On était ensemble, c’est tout ce que je voyais. Une fois de plus j’étais prête à tout pour qu’on m’aime.

Prête vraiment à tout, même à subir les coups.

Rien ne me faisait partir. Une fois encore, je ne renonçais pas, une fois encore, j’étais incapable de renoncer !

lundi 15 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (18)


Alors comme ça, ça y était… C’était vrai, j’attendais bien un bébé… Mieux, je savais quand il allait arriver : le 7 octobre 1991 !

J’ai annoncé la nouvelle à Franck. Il était comme un fou !!!

J’avais un peu peur de le dire autour de moi. Et si cette grossesse n’allait pas à son terme ?

Après tout, c’est fréquent que dans les premiers mois on fasse une fausse-couche.

Et si cela m’arrivait ?

Pourtant, il fallait bien l’annoncer à ma mère, je ne pouvais pas garder cela pour moi.

A cette époque-là, j’avais renoué un peu le dialogue avec elle, mais ce n’était pas non plus génial.

En revanche, depuis ma plus tendre enfance, je parlais toujours avec ma tante (la sœur jumelle de ma mère). On se téléphonait très souvent, et on parlait durant un temps fou !

Je la considérais comme une sorte de deuxième mère. De son côté, elle n’avait pas eu de fille, et je pense qu’elle me considérait comme plus que sa nièce.

Nous avions une grande complicité.

Alors, tout naturellement, j’ai téléphoné à ma tante pour lui annoncer la nouvelle.

Je n’osais pas appeler ma mère. C’est un peu comme si j’avais le sentiment d’être obligée de lui avouer une grosse bêtise. Peut-être la peur qu’elle ne m’aime plus ensuite, je ne sais pas. Mais j’avais peur de lui dire.

Alors, j’ai utilisé ma tante comme intermédiaire.

Elle a donc téléphoné à ma mère pour lui annoncer !

Aujourd’hui cela me semble juste totalement fou comme situation.

Qu’avais-je fait de mal ?

Est-ce tout simplement car pour avoir cet enfant, j’avais dû coucher avec un garçon et que je n’assumais pas de devoir « révéler » cela à ma mère ?

Si je l’aimais tant, cette maman, pourquoi aller chercher ailleurs ? Pourquoi aller avec un garçon, s’installer ensemble, et coucher avec ?

N’était-ce pas un signal clair que je lui envoyais : Je suis devenue grande.

Mais j’avais pas envie de devenir grande vis-à-vis d’elle.

Moi, ce que je voulais, c’était redevenir sa petite fille, et qu’on rattrape le temps perdu, qu’elle finisse enfin par me prendre dans ses bras, qu’elle m’aime !!!

Lui annoncer que j’attendais un bébé n’était-ce pas renoncer au fait d’être le sien, de bébé. Etais-je prête à cela ?!

Toujours est-il que c’est ma tante qui annoncera à ma mère que j’étais enceinte.

Ma mère m’a téléphoné quelques instants plus tard pour me féliciter.

Les neuf mois qui ont suivi étaient comme une longue et douce anesthésie.

Travailler, me concentrer sur le boulot : impossible !

J’avais d’autres priorités !!!

Quand j’ai annoncé à mes associés que j’étais enceinte, alors que je venais de prendre 5 ou 6 jours de vacances sans les prévenir à l’avance, j’ai senti un décalage entre eux et moi !?

Ils hallucinaient, alors que pour moi, tout ce qu’ils me disaient me semblait tellement frivole !

Les mêmes choses pour lesquelles je me serais battue auparavant me semblaient aujourd’hui si peu importantes : un contrat à négocier… pftttt y’en aura d’autres !!!

Assez vite, je me suis rendu compte qu’accueillir ce bébé était la seule chose qui comptait dorénavant à mes yeux, alors on a fait un deal, et je me suis retrouvée au chômage ! J’étais enceinte de 3 mois, et c’était génial !

GROSSIR D'AMOUR (17)


Il faut agir, vite ! Prendre rendez-vous chez le gynéco pour vérifier tout ça !

Il y a une superbe clinique qui vient d’ouvrir pas très loin, et il parait que le service de maternité y est génial.

Je prends donc immédiatement rendez-vous.

Après quelques jours d’attente, j’ai mon rendez-vous.

Je suis là, dans la salle d’attente, au milieu de femmes visiblement très enceintes.

La secrétaire me reçoit, on ouvre un dossier.

Je suis mal à l’aise, et un peu gênée. Ainsi quand elle me pose des questions, alors qu’elle est charmante, je me sens obligée de me justifier sur le fait qui oui, j’ai des rapports fréquents, comme si je me sentais trop moche, et que je sois obligée de me justifier, de dire que oui, je suis désirable. Pas sur un mode agressif, mais je me justifie.

La secrétaire est aussi mal à l’aise que moi, car elle sent que je ne vais pas très bien, et elle me rassure.

Je retourne dans le couloir pour attendre mon tour, et là, la gynéco arrive.

Je ne sais pas ce qui m’a pris, mais sans même attendre que nous arrivions dans son bureau, je la salue, et lui dit : je suis enceinte, mais avant tout, il faut faire une échographie, car si ce sont des jumeaux, j’en veux pas !

Là, dans ce couloir qui servait de salle d’attente… La gynéco est un peu abasourdie par la situation. Elle sent une grande panique… Elle me dit qu’on va voir, qu’on va regarder, mais que de toute façon, elle ne pratique pas les avortements.

Avortement… Oui, c’est bien de cela dont je viens de parler… Avorter alors que je n’ai qu’une envie, devenir maman. Mais qu’est-ce qui ma pris de dire ça. Qu’est-ce qui me prend d’être paniquée ainsi.

Ce n’est que longtemps après, bien des années après, que j’ai compris ce qui s’était joué à ce moment là.

J’avais toute ma vie été prisonnière de la gémellité de ma mère et de ma tante. Beaucoup de mes douleurs d’enfances venaient de cela, et l’idée de me retrouver à nouveau au cœur d’un couple de jumeaux provoquait une telle panique chez moi, que j’étais prête à avorter. Une vraie panique, pas une simple peur. Une panique qui vous fait perdre vos repères, vos moyens.

La gynéco a été merveilleuse. Elle m’a rassurée, on a pris le temps de faire les premiers examens, et rapidement, alors que cela ne se faisait jamais, nous sommes allées faire une rapide échographie pour vérifier tout cela.

Je découvrais cet appareil, l’échographe.

Pas facile de faire une échographie quand on a affaire à une grosse dame de 134 kilos. Pourtant la gynécologue est adorable. Elle va essayer de façon standard, puis voyant qu’elle ne voit pas assez, elle m’explique que parfois, on ne voit pas assez bien, et qu’il faut faire une échographie pelvienne, c'est-à-dire en introduisant un petit truc, pas du tout douloureux, dans le vagin afin de voir par l’intérieur. Aucune remarque sur mon poids, rien !

La panique a cédé la place à un bonheur sans borne. Elle tourne l’écran vers moi, et là, je découvre un petit truc : un bébé !

Un bébé, et un seul. C’est à ce moment là que j’ai vraiment pris conscience que j’étais enceinte.

Nous sommes retournée dans le cabinet d’examen, et là, nous avons pu parler, j’étais plus calme. Nous avons parlé de la grossesse, du comment cela se passe.

J’ai parlé de mon poids, pour lui demander si cela ne poserait pas de problème. Elle m’a rassurée, et me disant que s’il y en avait, on gèrerait !

Je suis repartie, épanouie, heureuse, et avec l’envie de hurler à tout le monde que j’attendais un bébé… Mais ça, c’était une autre affaire !

dimanche 14 octobre 2007

A MA MAMAN !!!


Ma maman est tombée sur mon blog il y a quelques jours...

je n'ai qu'une seule chose à te dire maman...

JE T'AIME. TU N'ES PAS PARFAITE, TU ES JUSTE HUMAINE ET C'EST COMME CELA QUE JE T'AIME !!!

MERCI DE M'AVOIR COMPRISE, ET D'ÊTRE ALLÉE AU DELÀ DE TA PEINE EN ME LISANT, MAIS JE N'EN DOUTAIS PAS...

C'est une très belle preuve d'amour, et je souhaite à tous les enfants d'en recevoir une pareille un jour !!!

Ta fille qui t'aime tant ! Mais tu le vaux bien ! lol

samedi 13 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (16)


Ces deux petits traits sur ce petit test/ morceau de plastique, c’est la matérialisation d’un rêve qui se réalise.

Le changement le plus essentiel dans une vie, l’évènement le plus important, celui qui nous changera sans possibilité jamais de revenir en arrière.

Devenir maman !

J’étais comme une folle, Une joie immense m’a envahie.

Mais ce petit bout de plastique ne pouvait-il pas se tromper. Pouvais-je lu faire confiance ?

Coup de fil au laboratoire qui le commercialise pour vérifier : ah non, madame, ça ne se trompe pas ce test. Quand c’est négatif, c’est parfois qu’on a fait le test un peu trop tôt, mais quand c’est positif, c’est positif. C’est certain !

Waouhhhhhh… Je suis donc bien enceinte… Je vais avoir un bébé !!! Génial !!!

Bon, ne rien dire dans un premier temps. Rester calme. C’est très tôt dans la grossesse, et ça peut ne pas tenir, alors on se calme, on reprend son souffle, on respire, et on souffle !

Il faut s’organiser.

D’abord, vérifier, c'est-à-dire prendre rendez-vous au laboratoire d’analyse médicale pour faire une prise de sang pour être vraiment certaine, ensuite l’annoncer à Franck, puis à mes parents, puis trouver un gynéco pour me suivre car celui que je vois de temps en temps n’est pas obstétricien.

Bon, dans l’ordre.

Le lendemain matin, aux aurores, j’étais devant le laboratoire d’analyse pour faire la prise de sang.

Va savoir pourquoi, alors que je n’habitais plus cette ville, je suis allée faire le teste là ou habitent mes parents.

Je fais donc ma prise de sang, et je m’en vais travailler, l’esprit totalement ailleurs !

Le travail qui était quand même resté pour moi quelque chose d’essentiel semblait n’avoir aucune importance aujourd’hui.

Je n’ai qu’une envie, qu’on arrive vite au soir, pour pouvoir partir, et aller récupérer les résultas de ma prise de sang.

Je quitte donc le boulot de bonne heure, et me voilà arrivée au labo.

J’entre, je demande les résultats, et la secrétaire, me répond avec un sourire, oui, c’est bon !

Ouf !!!!

Je paye, j’ouvre l’enveloppe, je regarde les résultats pour être bien certaine.

Les résultats d’un test de grossesse, c’est précis.

On mesure le taux d’HCG qui est secrété à partir du moment ou l’on est enceinte.

On peut déterminer l’age d’une grossesse grâce au taux d’HCG.

Ainsi, avec tant d’unité, on est enceinte, d’une semaine, ou de deux, trois, quatre semaines, ou plutôt de X mois.

Je regarde, et je constate donc que c’est positif.

MAIS, en y regardant de plus prêt, d’après ce test, je ne suis pas enceinte de quelques semaines, mais de beaucoup plus !

Je me retourne vers la secrétaire, et je lui fais part de mon étonnement.

Elle regarde avec moi, et me dis que je dois être enceinte depuis plus longtemps que je ne le pense.

Mais c’est impossible, depuis 6 mois, chaque moi, je fais un test… Le mois dernier encore, et il était négatif. Je ne peux pas être enceinte depuis longtemps ! C’est impossible !

La secrétaire me regarde en me souriant, et me dit que je dois attendre des jumeaux !

El là, le Monsieur qui était derrière moi n’a eu que le temps de me glisser une chaise sous les fesses, car j’ai faillit tomber dans les pommes !

Comment cela des jumeaux, mais non, je ne veux pas de jumeaux.

Devant ma panique, la responsable du laboratoire arrive, et me dit qu’on va regarder à nouveau les résultats.

Quelques instants plus tard, le verdict tombe, c’est une faute de frappe et je suis bien enceinte de 3 semaines !

Je m’en vais, je reste dans ma voiture à regarder ces résultats, je suis partagée entre la joie et le doute… Et si elle m’avait menti, si il y avait bien deux bébés ?!

jeudi 11 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (15)


Avec Franck, on s’est un peu mieux installés, on voulait avoir un enfant, on envisageait même de se marier.

Pourtant tout n’était pas si rose.

J’avais fini par comprendre qu’il avait un problème avec l’alcool, et ce n’était pas facile à gérer.

Quand il buvait, il devenait souvent violent. On se disputait, mais on finissait toujours par se réconcilier sur l’oreiller, comme bien des couples.

Et puis, il avait fait des efforts, il bossait.

Il tenait une station service.

Cela faisait maintenant plus d’un an qu’on vivait ensemble.

J’avais changé deux fois de boulot, et j’avais du mal à me stabiliser. Je ne voyais pas beaucoup ma famille.

Xavier, de son côté, avait trouvé une autre copine. Je ne sais plus comment cela s’est fait, mais nous avons passé une soirée de réveillon à 4, lui et sa copine, Valérie, Franck et moi.

C’était juste hallucinant !

Quand nos regards se croisaient, il y avait toujours quelque chose, mais quoi…

De toute façon je n’avais plus qu’une idée en tête, tomber enceinte.

J’avais 25 ans, je pesais 130 kilos.

C’était obsessionnel.

Tous les mois, au moment d’avoir mes règles, je ne pouvais pas résister et j’allais me faire faire une prise de sang.

Enfin, d’abord, j’achetais un test en pharmacie, mais c’était moins simple qu’aujourd’hui, et moins précoce, et finalement, je me disais que pour vérifier je faisais la prise de sang !

Tous les mois !

Et tous les mois, durant 6 mois, c’était négatif.

Pourtant, j’avais tous les symptômes, les nausées, la fatigue, etc.… Toutes celles qui on vécu ou vivent cela savent de quoi je parle !

Côté boulot, j’avais sauté le pas, et j’avais monté une boite avec des gens que je connaissais.

On avait installé des locaux, ils finançaient, je bossais !

Pas facile de mener les deux projets de front, tout en gérant les problèmes à la maison.

Avec mes parents, les choses s’étaient un peu stabilisées, on se revoyait, ça allait mieux.

Et puis j’avais tissé une grande amitié avec Valérie, la copine de Xavier, que je voyais très souvent.

Tous les mois, donc j’étais super malheureuse, car tout cela était négatif.

Tellement malheureuse, qu’au bout de quelques mois, j’ai dit Basta, stop avec tout ça, je bosse, un point c’est tout !

Le mois suivant, un matin, je me suis réveillé, j’avais mal dans la poitrine. Je n’avais jamais eu mal dans la poitrine, j’étais enceinte, je le savais !

Je parts donc travailler, j’achète un test en route, j’arrive au boulot, je le fait… Il est … POSITIF !

Yesssssssssssssssssssssssssssssss !

En quelques secondes, à nouveau la vie bascule, tout devient différent !

mercredi 10 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (14)


Côté perso, c’était pas non plus super simple.

Franck n’était pas du tout accepté dans ma famille, et j’ai coupé un peu les ponts avec ma mère.

A la maison, on hébergeait souvent un ami de Franck, un peu paumé, et franchement drogué… Mais ça, c’est maintenant que je suis capable de m’en rendre compte. A cette époque là, j’ignorais tout de la drogue… J’ignorais également tout de l’alcool… Mais je n’allais pas tarder à découvrir tout cela de très prêt.

Franck faisait des concours de pétanque… Et durant ces compétitions, il y avait toujours beaucoup d’alcool.

Chaque week-end où presque, il était donc totalement saoul. Il m’a fallu plusieurs semaines pour m’en rendre compte, car je n’avais jamais vu de gens alcooliques autour de moi.

Mes potes ne buvaient pas trop, et chez mes parents non plus… Et puis, pour moi, l’alcoolo, c’est le mec qui siphonne sa bouteille de whisky le matin au réveil.

Là, ce n’était pas du tout le cas.

Franck ne buvait pas seul, jamais, mais juste avec ses potes.

Alors, petit à petit, cela a commencé à poser des problèmes.

Quand j’ai fait la relation entre sa prise d’alcool, et son changement de comportement.

Pourtant, je savais qu’il n’avait plus de permis de conduire car il avait été chopé en état d’ivresse au volant, mais j’avais mis cela sur le dos de sa dépression, un coup, comme cela, on picole, et on se fait prendre !

Quand on s’installe si rapidement avec une personne, on ne connaît, finalement, pas grand-chose de sa vie.

Ce qui était terrible, c’est qu’en dehors de ces moments ou il avait bu, tout se passait bien entre-nous !

Bon, c’est vrai, on n’avait pas les grandes discussions que j’avais avec Xavier, mais on s’installait le soir, tranquilles, on regardait parfois la télévision dans les bras l’un de l’autre, et côté sexe, cela marchait plutôt très bien !

Et Xavier, justement, dans tout cela ?

Xavier continuait à vouloir me voir, mais je refusais.

Cet éternel Don Juan venait de se faire plaqué, sans l’avoir décidé, et ce n’était pas facile à vivre pour lui. Il ne voulait pas renoncer, ou ne pouvait pas !

Et le fait que je refuse de lui parler n’était pas pour arranger les choses.

Il faisait du chantage au suicide… Il était vraiment malheureux, mais en plus, c’était la première fois qu’une personne lui résistait !

A la maison, on hébergeait donc un garçon qui s’appelait Manu.

Un matin, Manu descend chercher des croissants, et tombe nez à nez avec Xavier, en bas, devant l’entrée de l’immeuble.

Ils se connaissent, ils se sont déjà croisés une fois durant la fameuse soirée.

Xavier est super remonté. En fait, il est venu pour nous tuer ! Il a un flingue, et il veut en finir avec Franck et moi ! C’est romantique, hein…

Bon romantique, mais un peu dangereux quand même !

Heureusement que ce matin là, il y tombe d’abord sur Manu, qui va l’emmener dans un café pour discuter et le calmer.

Il remonte à la maison, et nous explique la situation. Il nous dit que ce serait bien de parler ensemble.

On décide donc d’aller dans un café, tous ensemble.

Xavier m’explique qu’il ne veut pas que je le quitte, qu’il m’aime, mais quand il voit que j’ai à la main un double des clés de l’appartement, et que je suis donc installée, rien ne va plus. Il me menace de se suicider. J’ai été très dure ce jour là, et je n’ai rien lâché.

Après tout, s’il voulait vraiment que je revienne, il m’aurait dit, j’ai trouvé un boulot, on peut s’installer ensemble, on va se marier, ou un truc du genre, mais là, j’avais juste l’impression qu’il était grognon car on lui avait piqué son jouet !

Alors, je suis partie en colère, et on ne s’est plus revus durant un long moment, plus de contacts !

mardi 9 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (13)


Je vivais ma première relation fusionnelle. Celles qui font que plus rien ne compte, qu’on se recroqueville sur son amour, qu’on le partage, qu’on ne vit plus que cela.

C’était un moment comme entre parenthèse de ma vie… Un moment ou on arrête de souffrir, mais ou on arrête aussi presque de vivre puisqu’on s’extirpe du quotidien.

Ce n’est pas vraiment la vraie vie, mais plutôt comme un grand voyage, ou l’on s’évade, on ne pense plus à rien qu’à ce que l’on vit, là au moment présent.

La vie ne compte plus, les autres ne comptent plus, la seule chose qui compte, c’est l’autre, ses bras, sa peau, son odeur, le retrouver et s’étreindre.

On oublie tout, les coups, l’absence, la douleur, les angoisses… tout a disparu…

Franck ne travaille pas, il est au chômage. Il a été chauffeur international, mais à la suite d’un coup dur, il a perdu son boulot… Je m’en fout, moi je bosse, et j’ai assez d’argent pour nous deux.

Je viens m’installer chez lui.

En une semaine, je vais déménager mes affaires de chez mes parents, et tout installer chez lui.

Je mesure aujourd’hui la douleur de ma mère. On n’avait quasiment jamais abordé le fait que je quitte la maison. Elle savait que je voyais Xavier régulièrement, et là, d’un jour à l’autre, elle me voit faire mes valises pour aller vivre chez un garçon qu’elle ne connaît pas, que je viens tout juste de rencontrer, et qui ne lui fait pas super bonne impression !

Il est très mince, il a le visage marqué, de grand yeux bleus, il est au chômage, et n’a pas l’air super cultivé, ni d’être du « même monde »… bref, ce n’est pas ce qu’elle imaginait pour moi… Mais d’ailleurs imaginait-elle quelque chose pour moi ? Quelqu’un pour moi ?

Franck ne me parle pas de mon poids, le sujet ne se pose même pas.

Je sens chez lui du désir pour moi, tout simplement, mais pas de fétichisme autour de mon corps.

Xavier, lui, j’avais une drôle de relation avec lui, autour de ce corps.

Quand il me touchait, il y avait quelque chose de différent. Pas dans sa façon de me toucher, mais dans ce que je ressentais. C’était un peu comme s’il me faisait prendre conscience des contours de ce corps.

Ce corps, il l’aimait, ça se sentait… Il aimait ce que je n’aimais pas, le symbole de toutes mes souffrances… pas facile !

Avec Franck, c’était autre chose. C’était peut-être simplement la rencontre de deux urgences, de deux souffrances.

Finalement, je me suis donc installée chez lui, et j’ai rompu avec Xavier, comme cela en une semaine.

J’ai continué mon boulot, mais plus rien n’était pareil, à présent.

J’avais ma maison, c’était à moi de faire les courses, la bouffe, le ménage, et de gérer cela comme je le voulais.

Les choses ont commencé à devenir difficile au niveau de mon travail.

Franck était toujours au chômage, et on se couchait super tard. Le matin, pour me lever, c’était de plus en plus difficile.

J’avais manqué quelques jours, et j’étais un peu moins investie dans mon boulot.

Fini l’époque ou je restais jusqu’à 10 heures du soir, ou je venais le week-end bosser.

Je faisais mon boulot, et vers 7/8 heures, je partais. Quant aux week-ends, il n’était tout simplement pas question de venir bosser.

Et c’est drôle comme cela a changé les choses avec mon employeur.

Certes, j’étais grosse, mais comme j’en faisais deux fois plus que les autres, cela ne posait pas de problèmes. Mais là, d’un seul coup, on s’est mis a recruter une personne pour m’aider, étrangement jolie, d’ailleurs, puis, petit à petit, on m’a expliqué qu’elle irait à certains rendez-vous pour me décharger un peu… Finalement, j’ai fini par ne plus sortir en clientèle… et me retrouver un peu au placard !

J’avais tellement investi ce boulot que c’était pour moi insupportable.

Alors dans le boulot aussi, il y avait deux poids/deux mesures… tu avais le droit d’être grosse, mais si tu bossais deux fois plus ?

GROSSIR D'AMOUR (12)


Voilà, c’était fait, l’irréparable venait d’être commis…

Ce week –end avait vraiment été très étonnant !

Le dimanche, je suis rentrée chez mes parents, dans la journée, épuisée.

Je ne racontais rien à mes parents de ma vie personnelle.

D’ailleurs je ne racontais pas grand-chose, en général. Pourtant, j’étais une grande bavarde, mais impossible d’avoir une discussion sur la vie, en général, la politique, ou autre chose.

On mangeait toujours ensemble le soir, et parfois même on avait de franches crises de rire, mais on vivait un peu repliés sur nous-mêmes.

Je pense que ma mère avait, comme on le dit, la tête dans le sac. Elle travaillait beaucoup et a toujours voulu avoir une maison impeccable, pas un grain de poussière, du papier peint neuf très régulièrement, un linge nickel, bref, elle était un peu esclave. D’autant plus, qu’à cette époque là, mon père ne faisait pas grand-chose à la maison. C’est également elle qui devait gérer toute la paperasse, etc.

Bref, elle bossait toute la semaine à Paris, prenait les transports en commun avec pas mal de changements, rentrait le soir en courrant, faisait à manger, puis le reste de l’intendance, et allait se coucher, pour reprendre le lendemain la même chose.

Arrivait le week-end. Vendredi soir, courses, puis faire à manger, etc. Le samedi matin, le ménage, le samedi après-midi, on voyait ma tante et sa petite famille, souvent à la maison, donc faire à manger pour 8/9 personnes, ranger, etc., le dimanche matin, le marché super tôt, puis ranger, éplucher les légumes, cuisiner, mettre la table dans la salle à manger, manger, ranger, là, prendre une heure pour s’allonger avec mon père, côte à côte, en regardant un peu la télé, tranquille, puis, ménage, repassage, brushing, refaire à manger le soir, et aller se coucher, pour reprendre le lundi matin !

Pas facile d’avoir du temps pour soi, ou à partager !

A l’époque, j’avais l’impression de l’aider, mais quand on est jeune, on est aussi un peu con !!! J’aurais dû en faire plus, mon frère aurait du en faire plus, et mon père aussi !

On ne partageait donc pas trop de moments de confidences.

Côté poids, je continuais mon ascension ! Tranquillement mais sûrement.

Il faut dire que depuis que je travaillais, j’avais tout le loisir de m’acheter ce que je voulais, de fréquenter les pâtisseries, et autres vendeurs de barres chocolatées !

Côté alimentation, rien n’avait changé, je continuais à manger comme les enfants, du poulet et des frites, du pain du beurre du chocolat, de la vache qui rie, et de la grenadine…

Xavier m’a téléphoné à plusieurs reprises la semaine qui a suivi. Il y avait un vrai froid entre-nous. Je n’avais pas dit que j’avais couché avec un autre, mais cet autre occupait toutes mes pensées.

Durant toute la semaine, j’avais cherché à reprendre contact avec Franck.

Il habitait à une dizaine de kilomètres de chez mes parents. Il avait un appartement.

J’ai fini par passer chez lui, le samedi soir.

Il y avait deux ou trois amis chez lui ce soir là.

La première chose qui m’a saisie quand je suis rentrée chez lui, c’était l’état de son appartement.

Presque pas de meubles, une table de jardin en guise de table de salle à manger, un vieux canapé, une veille télévision posée sur des vieux meubles recouverts de plaids pour cacher la misère alors que cela ne faisait que la faire ressortir.

Un nouveau monde pour moi, celui de la » pauvreté. » Finalement, j’avais toujours évolué dans un milieu privilégié, mais je ne m’en étais pas vraiment rendue compte.

Je ne savais pas qu’un appartement puisse être si pauvrement meublé. Cela ne m’a pas gênée, mais étonnée.

Et puis je découvrais aussi ce que pouvait être la vie d’un mec célibataire seul chez lui !!!

On a parlé beaucoup. Il était touchant, et surtout, je sentais qu’il avait tellement besoin de quelqu’un qui l’aime.

Il venait de traverser une épreuve difficile, et était un peu paumé, dépressif avec le recul.

Le lendemain, j’ai vu Xavier, et j’ai senti que quelque chose s’était cassé entre lui et moi. Je ne ressentais plus cette dépendance que j’éprouvais vis-à-vis de lui.

Tout me semblait si compliqué dans notre relation, alors qu’avec Franck tout semblait si simple.

J’ai revu Franck, souvent, et nous avons vécu une relation très fusionnelle au début.

On a passé des jours au lit que l’on ne quittait que pour manger et boire, et encore… J’ai même manqué des jours de boulot ce qui ne m’était jamais arrivé.

Je mettais mon boulot entre parenthèses.

Pourtant j’avais bien grimpé les échelons… J’avais changé de boite à plusieurs reprises, et j’étais maintenant directrice commerciale, je gagnais encore mieux ma vie !

J’avais changé !

dimanche 7 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (11)


Une vie peut basculer en quelques heures, et alors, plus rien ne sera jamais comme avant.

Il était un homme charmant, mais volage et encore inconscient, un peu Don Juan... Comme bon nombre de FA !

Moi, j'avais 23 ans, et j'avais envie de construire.

On se voyait très régulièrement, à l'époque, mais ni lui, ni moi n'avions d'appartement, alors ce n'était pas toujours simple.

Je n'avais qu'une envie, qu'il travaille, et qu'on prenne un appart, puis un bébé... bref, la caricature à laquelle nous aspirons toutes !

On nous bassine avec cela depuis notre plus tendre enfance. Le Prince Charmant qui vient nous sauver des griffes des méchants et nous emmène sur son beau cheval blanc... on se marie, on a beaucoup d'enfants, etc.

Bah moi, c'était exactement cela que je voulais, rien de plus, mais rien de moins.

Mais si le prince charmant était bien là, je ne voyais à l'horizon ni cheval blanc, et encore moins de nid douillet.

Un samedi soir, nous avions prévu de sortir ensemble, et de rejoindre certains de ses amis pas très loin de chez mes parents.

Il venait de Paris, ou il avait traîné l'après-midi, et je l'ai donc récupéré à la gare d'Argenteuil en toute fin de journée.

J'étais également avec une de mes copines, dans la voiture.

Et alors que j'avais quasiment toujours été soumise à ses moindres désirs, je ne sais pas pourquoi, mais ce jour-là quand il m'a demandé de prendre le volant de ma voiture, j'ai dit non.

Il faut dire qu'il ne conduisait pas très bien... lol

Il y a donc eu comme un froid. Puis nous sommes partis tous les trois à Mery sur Oise, petit bled perdu du Val d'Oise, à la frontière de l'Oise.

Nous allions chez une de ses copines grosses qui était en couple.

Il y avait également là d'autres grosses en couple ou pas, et un couple que je connaissais bien, puisque je les rencontrais souvent lors des répétitions des défilés qu'organisait allegro fortissimo. Le mec me cherchait toujours du regard, et je sentais que ce n'était pas pour me parler de la pluie et du beau temps ! lol

Il y avait également des gens que je ne connaissais pas, des amis du couple qui nous recevait.

Cette soirée était très étonnante, hallucinante.

Il y a eu pas mal d'alcool, enfin, pas moi, car je ne bois pas, mais beaucoup étaient bourrés !

L'ambiance était un peu glauque.

Je me souviens qu'à moment donné, les choses ont un peu dégénéré, et je n'ai pas très bien compris comment ni pourquoi, je me suis retrouvée dans la chambre... mais rien ne s'est passée...

Les choses ne se passaient pas très bien non plus entre Xavier et moi.

Bref, vers une heure du matin, Xavier voulait rentrer et pas moi. J'ai fini par céder, mais j'étais excédée.

J'ai donc raccompagné ma copine à Paris, Xavier chez lui. Dans la voiture, avec Xavier, l'atmosphère était tendue.

Mais j'étais bien décidée à y retourner, malgré ma promesse de rentrer.

J'y suis donc retourné, flirté avec le garçon qui me regardait depuis si longtemps, quand on est parti tous les deux chercher des croissants...

Puis, vers 6 heures du mat, tout le monde était épuisé, et quelqu'un a eu l'idée de tirer au sort qui dormirait avec qui, et dans quelle pièce.

J'ai eu le droit de dormir dans la chambre qui était déjà occupée par un jeune homme que j'avais remarqué durant la soirée.

Il était assis sur ton tabouret, dans un coin de la pièce, et ne disait rien. Il semblait malheureux. C'était un ami du couple qui nous recevait, le meilleur ami du Monsieur.

J'arrive donc dans la chambre, il était là couché et endormi, et je l'ai réveillé en me couchant.

Il s'est retourné, j'ai expliqué la situation, et il m'a répondu "Bon, bah alors il va falloir que j'assure !" on est partis d'un fou rire, et on a couché ensemble...

GROSSIR D'AMOUR (10)


Je pleurais car j'étais perdue !

Continuer ou en finir, mais en finir avec quoi ?

Arrêter de souffrir surtout, mais pas mourir... J'ai donc avalé mes cachets, les uns derrières les autres, puis... dans l'instantanéité, je suis allée les vomir.

Non, je ne pouvais pas ainsi rendre les armes. Cette formidable flamme de vie que j'avais au fond de moi, là tout au fond, avait vacillé, mais ne pouvait pas s'éteindre, pas maintenant, pas déjà, pas comme cela.

Épuisée, ne sachant plus ou j'en étais, honteuse de n'être même pas capable d'en finir, je suis allée me coucher, morte... d'épuisement, j'ai fini pas m'endormir.

Tout cela s'est passé dans ma chambre de jeune fille, chez mes parents, mais personne ne l'a jamais su.

La vie a repris ses droits, et ce geste n'y a rien changé, puisqu'il ne s'était rien passé.

J'ai continué à aller travailler, et à vivre la même vie.

Cela a continué durant quelques années, avec quelques changements au niveau de mon travail.

J'ai décidé de quitter ma petite société d'import-export bien tranquille.

J'y gagnais bien ma vie, mis j'avais envie de plus d'aventure.

A cette époque-là, je n'avais qu'une envie, celle de partir m'installer aux Etats-Unis.

j'étais bilingue, et je bossais déjà avec les Etats-unis dans ma boîte. Pourquoi ne pas partir là-bas... Le mythe du rêve américain !

J'en parlais, je commençais à prendre des renseignements, mais j'étais écartelée entre le fait de partir, et l'angoisse de tout abandonner.

Pourtant, je n'avais visiblement pas grand-chose à perdre !... Mais je ne suis pas partie, pour les mêmes raisons que celles qui ont fait que je ne suis pas allée au bout de ma tentative de suicide : une sorte d'incapacité à renoncer !

Partir, c'était fuir un peu, renoncer au fait, qu'un jour, peut-être, je serais digne d'être aimée par mes parents, par exemple !

Renoncer, ça certainement pas !Je ne renonce jamais !!!

Je suis une battante moi ! Renoncer, c'est pour les faibles, ou les stupides. Renoncer, c'est la facilité, c'est la porte ouverte à tout !

Alors je suis restée là. Et j'ai changé de boulot.

Après un court passage dans la vente de produits financiers (euh vendre des placements à des gens qui n'ont pas les sous, j'avais du mal), j'ai fini pas réussir à entrer dans une boîte d'informatique !

Ça, c'était une vraie victoire. À cela non plus je n'avais pas renoncé !

On était dans la fin des années 80, et l'informatique débutait en France !

Y'avait que des "djeunes" ! on s'éclatait, on était subversifs (on ne mettait pas de cravate! lol), on parlait technique, on était branchés... et on gagnait des sous... beaucoup de sous !

J'étais devenue commerciale, et je gagnais super bien ma vie, car je vendais bien ! lol

J'avais trouvé un nouveau hobbie, gagner des sous, et en dépenser plus que je n'en gagnais !

À l’époque, je n'avais pas mon permis de conduire, mais pas grave, j'étais allé m'acheter une belle golf neuve avant même de le passer ! lol

Je faisais des cadeaux somptueux, je sortais avec mes amis (toujours les mêmes), on se donnait toujours rendez-vous à Opéra, dans les beaux quartiers, etc.

Je continuais à voir Xavier, mais les choses n'avançaient pas pour autant !

Il était toujours un éternel étudiant, il était toujours un éternel manifestant, etc. Mais moi, j'avais envie de plus, de beaucoup plus.

Alors, au lieu de lui écrire, je lui envoyais des cassettes audio (bah oui, ça nous rajeunit pas tout ça ! lol) sur lesquelles je lui racontais ma vie, mes espoirs et mes désespoirs, mes envies...

Je lui disais à quel point ce serait bien qu'il travaille et qu'on puisse s'installer ensemble.

Je continuais à partir en vacances avec mon clan familial, bref, rien ne changeait vraiment, sauf que j'avais des sous !

Mais alors, pourquoi ne pas partir, prendre un appartement ?!

La question ne s'est même jamais posée.

Et puis, il y eu ce fameux soir, ce samedi soir ou tout à basculé !

vendredi 5 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (9)


Enfin, mon champs visuel s'élargissait... mais y'avait pas que lui.. moi aussi !

Les choses entre Xavier et moi devenaient plus intenses.

A cette époque, il était tout pour moi... une sorte de mentor. Je découvrais le monde à travers ses yeux, et il était bien différent de celui qu'on m'avait laissé voir jusqu'alors.

Je vivais dans un monde étriqué, tout petit, et cette impression d'entrevoir de vastes espaces à découvrir me facinait. C'était grisant.

Comment avais-je pu passer à côté de tout cela si longtemps. Un peu comme si je vivais en marge de la vraie vie.

Pourtant je n'avais jamais eu l'impression de vivre à l'étroit. Mon petit monde s'autosuffisait.

J'étais rebelle, mais je ne le savais pas encore, ou du moins pas dans le passage à l'acte.

Lui, c'était tout le contraire, il était dans le passage à l'acte quasi systématique.

J'étais coincée dans ma posture de petite fille bien élevée, lui se tenait mal, faisait du bruit, n'était pas toujours très clean, mais il me tenait toujours la porte... des restes d'une bonne vieille éducation bourge sans doute ! lol

Mais en même temps que je découvrais ces grandes étendues, j'en percevais déjà les injustices, les limites.

Ainsi, il y a vait des gens en prison, ainsi il y avait des gens assez en colère pour pouvoir désirer mourrir pour des idées, ainsi il y avait des gens pour qui fêter son anniversaire en famille n'était pas l'évènement de la semaine, voire du mois... et même des gens, qui, le jour de l'anniversaire d'un de leurs parents, étaient absents, car il fallait manifester pour porter hautes ses idées !

Hallucinant !!!

Doucement, j'ai commencé à m'intéresser à la politique, à la culture générale, aux choses alternatives, à la militance.

Bon, il faut bien dire que ce qu'il disait, à l'époque, était parole d'évangile... Il m'aurait demandé d'aller poser un bombe quelque part, je l'aurais immédiatement fait !

Ce mec était carrément fascinant...

Puis, mes 20 ans arrivèrent. On préparait acivement le truc chez moi.

Comme d'hab, il y aurait mes parents et mon frère, et ma tante, mon oncle, mes cousins, et ma grand mère !

Pour l'occasion, on m'offrirait un joli bijoux en or... et moi, de mon côté, je me souviens, j'avais voulu faire des boites avec des dragées dedans !!!

Des jolies boites d'une drôle de forme (que j'avais achetées avec Xavier), roses...

L'annniversaire arriva, et avec lui... je ne sais pourquoi... la première envie d'adulte d'en finir !

D'adulte, oui, car en fait, enfant, j'avais souvent eu envie non pas de mourir, mais d'arrêter de souffrir.

Mais j'étais une môme, et à cet age là, on ne sait pas très bien comment s'y prendre.

Là, ce n'était pas pareil... J'avais 20 ans.

J'avais, depuis quelques jours, commencé à écrire une sorte de livre sur mes 20 premières années.

C'était pas super joyeux !

Puis, lentement, ce livre était devenu une sorte de longue lettre à Xavier...

Je lui racontais tout, mes désirs, mes désespoirs, ma vie...

Et surtout, mon envie d'aller plus loin avec lui, de vivre ensemble.

Mais lui était si loin de cela.

Encore à la fac, pas prêt à se lancer dans une relation sérieuse, pas de boulot, et une vie perso un peu compliquée avec une mère très malade...

Alors, continuer à se voir, oui, bien entendu, mais aller plus loin... c'était autre chose.

Mais alors pourquoi m'avait-il montrer tout cela, si ce n'était pas pour m'enlever de cette petite vie toute petite vie qui était la mienne.

Maintenant, à cause de lui, j'avais pris conscience de la médiocrité de ce que je vivais ! A cause de lui !!!

Alors, ce soir là, après avoir écrit sur mon cahier, j'ai piqué des comprimés dans la pharmacie, et j'ai commencé à les avaler...

Je pleurais...

jeudi 4 octobre 2007

joyeux anniversairre, Jennifer


16 ans !!!

Je ne peux pas y croire, hier encore tu n'étais qu'une enfant, et te voilà devenu une petite femme !!!

Je t'aimmmmmmmeeeuuuuu

GROSSIR D'AMOUR (8)


Nous avons donc commencé à nous voir, régulièrement.

Tout nous opposait en apparence.

J'étais clean, BC/GB, lui était punk.

Je bossais, il était un éternel étudiant.

Je ne m'intéressais qu'à ma petite vie, il s'intéressait à tout.

Pourtant, petit à petit un fil d'ariane s'est tissé entre nous, (private joke)... J'attendais ses appels, j'espèrais qu'il serait là, ce soir, à la gare.

Il vivait dans un monde tellement différent du mien.

Ma vie était bien réglée. Métro, boulot, dodo, mes parents, ma famille et quelques amis bien propres sur eux.

Le sujet le plus important, chez mes parents, c'était la couleur du prochain papier peint, ou le prochain anniversaire de la tante Berthe.

Lui, tout l'intéressait. Il lisait le journal, regardait les infos, faisait des manifs (déjà ! lol), sortait, allait à des concerts, militait.

J'étais tellement à l'ouest, que je n'avais jamais pris conscience qu'il y avait des gens en prison.

Tient c'est bizare ça... Oui, c'est à ce moment là, que j'ai pris conscience qu'il y avait des gens en prison... les barreaux les plus solides ne sont pas toujours en acier !

Je me suis mise à acheter le journal, j'ai même commencé à communiquer avec des détenus...

Ma mère est tombée sur cette correspondance, et ne me donnait plus les lettres, elle m'a fait promettre d'arrêter, sinon...

Xavier fréquentait des squatts, et faisait partie d'une radio alternative fortement politisée, Radio mouvance.

Je me suis mise à écouter cette radio tous les soirs.

Et puis il y avait ces soirées entières passées au téléphone à parler durant des heures.

C'est aussi à ce moment là que j'ai découvert la size acceptance.

Xavier faisait des papiers dans Politis.

il avait rencontré Anne Zamberland dans ce cadre là, et également Françoise Fraïoli.

L'une était la première grosse à faire un film, et à se montrer un peu dénudée, et l'autre était travailleuse sociale, et venait de perdre son boulot car elle était trop grosse !

Il les a fait se rencontrer, et c'est de là qu'est née l'idée de faire un défilé de mode pour les rondes.

Il fallait trouver un local pour répéter.

Xavier avait à l'époque un copain qui avait un local à Montreuil.

On se retrouvait donc là, le dimanche, pour répéter, ou juste pour se retrouver !

C'était juste hallucinant !

Ce local donnait sur une cour intérieure. C'était devenu le lieu de rencontre de tas de gens plus étonnants les uns que les autres.

on y croisait des grosses, des homos, des trans, des punks, etc.. une vraie cour des miracles !

on s'amusait...

C'est là qu'est née, dans un local attenant (une ancienne boucherie), l'association Allegro Fortissimo.

Ainsi, l'air de rien j'avais découvert qu'il aimait les grosses...

Un jour, j'en ai eu assez d'entendre parler de ce squatt de Montreuil : l'Usine.

Alors, j'ai décidé d'y aller sans rien lui dire !

Quand j'ai sonné à la porte, les mecs qui étaient là ne semblaient pas surpris... je pense que compte tenu de mon poids, quand j'ai dit que j'étais une copine de Xavier, ils m'ont crue... Il faut dire qu'il ne cachait pas ses goûts !

Je me suis retrouvée là, assise au milieu de gens du monde alternatif, et très politisés (plutôt extrême gauche).

Je ne captais rien de ce qu'ils disaient... mais rien du tout.

J'étais là, assise autour de la table... ils parlaient français, mais ils parlaient d'un monde qui ne semblait pas être le mien.

Je me souviens m'être retrouvée dans l'une des situation les plus embarassantes de ma vie...

J'écoutais, et à moment donné, j'ai capté le son "auriac".. Putain, j'avais compris un mot.. En plus, ça semblait les intéresser, ils débattaient.

Toute fière de moi, et tentant désespérement de m'intégrer, je dis alors : Ahhh Aurillac, je connais bien j'y suis partie en vacances.

Sur le coup, j'ai pas bien compris pourquoi tout le monde s'est arrêté de parler, et m'a regardé d'une drole de façon... Plus tard, bien plus tard,j'ai compris qu'ils parlaient de Frédéric Oriach... un militant politique autonome...

C'est également plus tard que j'ai appris que ce lieu était fréquénté par des gens très politisés... des "Autonomes", et que le lieu était surveillé par les renseignements généraux... Tout comme j'ai appris que l'un deux s'était infiltré la dedans.. Justement celui qui ne cessait de me suivre partout, et de me faire des avances... lol !!!

Mais en fait, ce lieu était étonnant...

C'était un mélange de gens plolitisés, punks, artistes... Tous les murs étaient recouverts de dessins très sympas, y'avait des concerts punks le week-end... y'avait même des gens qui viviant là bas à temps plein... dont un qui m'avait copieusement dragué également... les mecs qui fréquentaient ce lieu aimaient bien les grosses ! lol...

Quand je parlais de ce lieu à mes parents, je leur disait que c'était une sorte de mjc, ou il y avait des artistes... lol

J'étais un peu naïve.

il faut dire que je faisais très "exotique".

Je me souviens, un soir, j'étais dans le métro avec des gens qui je voyais là bas... on parlait.

Ils avaient tous des looks par possible, tous plus ou moins punks, avec rat sur l'épaule... Oh, pas les punks d'aujourd'hui, bien asseptisés... non, c'était des vrais punks, crados... lol

Ce soir là, moi j'étais habillé avec une robe plissée bleue marine, avec un col marin et un petit noeud...

Du coup, les gens, dans le métro, se sont inquiétés pour moi, et m'ont demandé si je n'avais pas de problème ! lol...

Mais de mon côté, je ne percevais pas de décallage entre ces punks et moi...

Je découvrais une autre vie, comme un autre monde.

J'étais programmée pour restée éternellement au sein du clan familial, et là, tout changeait...

Les limites de mon champs visuel s'élargissaient, je devenais grande !

mercredi 3 octobre 2007

GROSSIR D'AMOUR (7)


J'ai donc rencontré Xavier l'année de mes 20 ans...

C'était le tout début de l'informatique en France, et mon entreprise était déjà équipée. Mon patron était un passionné, et à l'époque, il fallait l'être pour tenter l'expérience ! lol

Un jour, donc, on avait besoin de disquettes... Oui.. Oui... et pour les plus jeunes qui s'en souviennent à peine, je vais vous amuser encore plus, quand je vais vous dire que c'étaient des disquettes 5 pouces 1/4, genre de truc souple de 15 x 15 cm !!!

Pour trouver cela, ce n'était pas si facile... Le mieux, c'était encore donc d'aller à la FNAC.

Me voilà donc partie, un vendredi soir, après mon boulot, à la FNAC des Halles...

Hop hop hop, le métro, achat des disquettes, et puis, je découvre qu'en dehors du forum, il y a des rues piétonnes... Je me promène donc durant un bon moment...

Trop éloignée de la station de métro, je décide de prendre le bus pour retrouner vers la gare SAint Lazare afin de récupérer mon train qui me mènera à mon car pour rentrer chez moi !!!

Je suis plutôt d'humeur guillerette.. C'est la fin de la semaine, je me promène.

Je monte dans le bus, mon walkman vissé sur les oreilles (comme toujours à cette époque).

Dans le bus, je regarde les correspondances de bus, car je sais que je vais devoir faire un changement.

Je sens, pourtant, un regard posé sur moi, sans percevoir de qui il vient.

je suis perdue dans mes pensées et ma musique.

Un jeune homme m'interpelle et me demande si le bus va à la gare de l'Est...

en moi même, je me dis "qu'il est con... c'est marqué là, juste au dessus de lui"...

je répond poliment que oui... et retourne à ma musique.

Arrivée à mon changement, je descend, et une personne m'emboite le pas...

C'était toujours le même jeune homme... hum...

Il me sort LA phrase... Vous habitez sur Paris, car j'ai l'impression de vous connaitre ?" !!!

Alors là, mois je dis la classe !!! Hey c'était super original comme entrée en matière non ?! lol

Et je dois bien avouer que ma réponse l'a été tout aussi... originale : "ça m'étonnerait car j'habite à Marseille !"...

Oui, je sais, y'a des jours comme ça, ou on est d'un romatisme et d'une imagination forcenés ! lol

Mais le garçon en question ne se démonte pas.. et me suit dans la rue, jusqu'au prochain arrêt de bus...

Je me dis... mais il est vraiment bizare ce garçon... y'a deux minutes, il me demande si le bus va à la gare de l'Est, je réponds oui.. et là, il descend, pour prendre un bus qui va gare Saint Lazare !!!

C'est dire si, à l'époque, j'étais super dégourdie ! lol

Bref, le garçon continue à vouloir tapper la discute à l'arrêt... Je tente bien de l'en dissuader, mais rien n'y fait, et ma trop bonne éducation me force à lui répondre !

Il monte avec moi dans le bus, et me saoule...

En plus, quand je le regarde, il ne ressemble à rien... avec son jean, son tee-shirt, sa veste de survet, et son cuir par dessus... et cette coupe de cheveux... Non mais c'est juste pas possible... y serait pas un peu punk !

Il me parle d'une musique je ne connais pas, de politique alors que je ne m'y intéresse pas...

Mais c'est quoi ce mec !

Bon, je reste polie... C'est vraiment domage ce look pas possible, car il n'est pas si vilain, sinon...

Encore un de ces paumés qui cherche une personne à qui parler.. et faut que ça tombe sur moi !

Il ne me lache pas... je descend du bus, et entre dans la gare SAint Lazare... il continue à me parler et me dit qu'il va m'accompagner jusqu'à mon train... un vrai sparadra !

quelques minutes avant de monter dans mon train, il me demande mon numéro de téléphone et me donne le sien.

Hey, j'suis pas folle !!! j'ai pas tout à fait donné le mien... Enfin, j'ai changé un chiffre !

A l'époque, en changeant ce chiffre, on téléphonait à une pizzeria qui était pas loin de chez mes parents.

Je le savais, car on avait parfois des appels à la maison pour réserver une table ! lol

Je monte dans mon train, et hop, je retroune à ma petite vie.

la vie reprend son cours... le boulot, les copains le week-end.

A cette époque, j'ai surtout une copine, avec qui on traine le week-end à Opéra et dans des boites de jazz de Saint Germain !

C'est pas qu'on aime le jazz plus que ça, mais on y a nos habitudes, notre table réservée, alors qu'il faut se battre pour entrer. On est très propre sur soi !

On est jeunes toutes les deux, on habite encore chez nos parents. Enfin surtout moi, car, elle, elle va prendre un appart en colloc dans quelques semaines.

on traine, comme cela, le week-end, souvent des nuits blanches...

Je retourne donc à ma petite vie tranquille... Sans petit copain. A l'époque, c'est pas la joie à ce niveau là. Mais je continue à vivre dans mon monde ou pour m'endormir, je me ranconte les mêmes histoires qu'avant.

Un matin, elle allant prendre mon train à la gare d'Argentueil, je vois un tag sur le mur, marqué "Catherine, appelle moi, Xavier" !

Ca me fait sourire... je me dis, tient c'est comme l'autre mec bizare l'autre jour.. Xavier, et moi c'est Catherine... C'est drôle... Y'a des gens dingues quand même d'écrire comme ça sur les murs !

Puis, voilà un concert de Julien Clerc... à l'époque, c'était super à la mode.. sisi, j'vous jure.

J'y vais, et je fais des photos, et le lundi suivant je dépose mes photos pour les faire développer... à la gare SAint lazare.

Le lendemain soir, je vais récupérer mes photos dans la galerie marchande, et là... Je tombe sur Xavier !

Merde ! Je tente de faire comme si je ne l'avais pas vu, mais rien à faire, il m'a vue, me fait des grands signes.. Ouais... C'est ça... coucou !!!

Il m'explique qu'il a cherché à me joindre sans succès, et que depuis, il vient souvent voir s'il me trouve à la gare Saint Lazare, et même à celle d'Argenteuil... Qu'il est content...

Je lui dit que je suis en retard, et que je ne peux pas trainer... Pas grave (grrrrr...), il va prendre le tain avec moi jusqu'à Argenteuil.

Et ce petit manège va se répéter souvent.

ET la magie va opérer...

Je fais tout pour lui échapper, ce fameux signal "alerte rouge" ne cesse de retentir dans ma tête, mais rien n'y fait !

Ma vie va radicalement changé, définitivement grace/à cause de cette rencontre.